VOYAGE MAROC

HOMMAGE À OMAR BENJELLOUN

Le Musée de Marrakech est devenu, au fil des années, le haut lieu culturel de la ville. Il a réveillé le cœur de l'ancienne médina, revalorisé tout un quartier. J'ai connu la genèse de l'ancien palais Mnebi, transformé en école puis laissé à l'abandon. J'ai partagé les rêves et les espoirs d'Omar Benjelloun, homme d'affaires mais aussi mécène, tombé amoureux de cet endroit d'exception. Il n'a compté ni son temps ni sa peine. Dès que son travail à Casablanca lui en laissait la possibilité, il venait dans la ville rouge suivre avec attention l'évolution du Musée et de la Fondation qui porte son nom. Un an seulement pour réhabiliter la demeure, suivi d'une inauguration le 14 mars 1997, en présence de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasna, qui témoigna de son intérêt toujours renouvelé pour le monde de l'art, du patrimoine et de la culture. Présence qui allait droit au cœur, non seulement d'Omar Benjelloun, mais également de toute la population marrakchie qui voyait le symbole fort d'un renouveau de la cité et saluait cette initiative privée.

Sous la direction de Sakina Rharib, sa dynamique et passionnée conservatrice, le Musée de Marrakech a présenté des expositions thématiques: céramiques de Fès, instruments de musique, concerts, colloques... dont votre magazine, Médina, s'est toujours fait l'écho. Un succès immense auprès des touristes - tant nationaux qu'internationaux. Le public a pu aussi découvrir ou retrouver un grand nombre d'artistes contemporains, tels que Melehi, Belkahia, Yamou, Binebine... Le troisième anniversaire du Musée, en 2000, fut une véritable consécration, une journée mémorable présidée par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasna, qui put constater combien le Musée de Marrakech répondait aux attentes.

Place Ben Youssef, l'action d'Omar Benjelloun s'étendit à la restauration de la Qobba, seul monument intact de la période des Almoravides (XIe-XIIe siècles), ainsi que de la célèbre: médersa Ben Youssef, université coranique de l'époque saâdienne des XVIe et XVIIe siècles. À Casablanca, le mécène éclairé s'investit également dans la restauration de deux villas art déco jumelles, les « Tourelles des Arts », qu'il dédia aussi à la culture.

Omar Benjelloun est décédé le 25 janvier 2003. Son oeuvre ne s'éteindra pas avec lui. Aujourd'hui, la Fondation Omar Benjelloun en assure la pérennité et prend la relève. Avec émotion, je me souviens de son regard bleu, attentif. Je garde de lui l'image d'un homme sensible, affable, désireux de faire-  partager sa connaissance et sa passion de l'art. Un magnifique exemple de l'amour d'un esthète pour le riche patrimoine de son pays.

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