Le solaire ne représente encore qu'une part infime des énergies renouvelables :
Dans le cadre de la COP7, Abdelhanine Benallou, Directeur général du Centre de Développement des Énergies renouvelables a fait part du Plan Stratégique National pour l'expansion des énergies renouvelables. « Leader des pays en voie de développement, le Maroc fait figure d'exemple ». À suivre...
L’Association Marocaine de l'Industrie Solaire et Éolienne a réalisé une analyse de la situation énergétique au Maroc. Elle a pu constater que le pays importe plus de 97 % de ses besoins en énergie et qu'entre 1998 et 2000 cette dépendance a encore augmenté. L'objectif est de descendre vers 2020 en dessous de 80 %. La faible énergétisation du monde rural pénalise beaucoup le pays. En effet, plus de 50 % des foyers ruraux au Maroc n'ont pas l'électricité. Le niveau de pénétration de l'énergie dans le rural est très bas. Ce qui conduit à une utilisation massive du bois de feu de la biomasse, soit 30 % de la consommation énergétique totale. En conséquence, la déforestation est alarmante : elle touche plus de 30000 hectares de forêt par an.
Hormis la production d'énergie hydraulique, extrêmement liée à la pluviométrie, et de gaz naturel qui sont insignifiantes, le Maroc possède un très riche potentiel en énergies renouvelables. Sa disponibilité en énergie solaire, avec plus de 3000 heures d'ensoleillement par an, de même qu'en énergie éolienne, le place parmi les meilleurs du monde. 3 500 kilomètres de côtes pourraient être dévolues aux éoliennes. La possibilité d'exploitation est réelle, mais ce « gisement » n'est pas utilisé à sa juste valeur. Si les sites offshore étaient exploités, le Maroc pourrait même être exportateur! Il faut donc arriver à trouver un moyen de mobiliser ces énergies renouvelables pour rééquilibrer la balance. Dans la répartition de la consommation énergétique marocaine en l'an 2000, la part des énergies renouvelables n'était que de 0,24 %. Les prévisions pour 2010 tablent sur un chiffre de 11,43 %...
Un plan stratégique national :
La cartographie d'un certain nombre de réalisations possibles a été faite : cartographie numérique du gisement éolien, qui offre des ambitions importantes, cartographie du solaire également. De même pour les ressources forestières, car le Maroc possède 9 millions d'hectares de forêt dont l'exploitation est à ce jour irrationnelle. La conjoncture globale de ce plan stratégique national est encourageante.
Depuis les années quatre-vingt-dix, d'importantes mutations ont eu lieu, qui ouvrent des perspectives : la privatisation, déjà réalisée au niveau du raffinage, l'indexation des prix du pétrole sur la cotation nationale, l'introduction de la production d'électricité privée qui aura des concessions, l'introduction aussi du gaz naturel. De plus, un code des énergies renouvelables prépare le terrain aux investissements privés. Car le plan est développé en étroite concertation avec ce secteur. L'interconnexion avec le continent européen permettra même un jour au Maroc d'exporter de l'électricité verte...
Des actions d'envergure d'ici à 2010 et 2020 :
Des actions d'envergure sont envisagées à l'horizon 2010 puis 2020. La réflexion sur la production énergétique est d'ores et déjà engagée, les défis et les enjeux sont connus. Il faut améliorer la pénétration de l'énergie dans le monde rural afin d'y créer des emplois et des activités génératrices de revenus, ce qui permettra également de freiner l'exode rural et de créer un développement dynamique local. Tous ces éléments permettent d'espérer des résultats probants, d'autant que le niveau de maturité technologique atteint par les différentes filières des énergies renouvelables est aujourd'hui élevé et que le Maroc bénéficie de l'expérience d'autres pays. Reste la nécessité de coordonner l'ensemble des actions et des programmes à venir. Mais le Maroc est parmi les rares pays en voie de développement à posséder un tissu de petites entreprises, tout particulièrement adaptées à l'action sur le terrain.
L'objectif premier est de renforcer la contribution des énergies renouvelables : plus de 10 % en 2011 et 19 % en 2020, ce qui augmentera la qualité de la vie, fournira jusqu'à 11000 emplois et préservera l'environnement. Des mesures incitatives fiscales et financières seront progressivement mises en place pour aider le secteur privé. Il faudra également renforcer le rôle de la certification, des équipements et réaliser des tests, dans une perspective de protection des consommateurs. Ce sera un tremplin pour les entreprises nationales qui auront ainsi l'occasion de rayonner sur le marché international. La réduction des dépenses de fonctionnement de l'État est aussi à l'ordre du jour. Ce plan permettra d'arriver à un taux d'électrification de 80 % du rural, d'installer des éoliennes et des capteurs thermiques.
Le photovoltaïque défavorisé
Pourquoi le photovoltaïque est-il si faible alors que le Maroc est un pays très ensoleillé? Le solaire ne représente en effet qu'une part infime du secteur des énergies renouvelables. Il serait idéal pour l'électrification rurale décentralisée, d'autant qu'aujourd'hui le voltaïque permet de faire tourner des équipements ménagers
comme les machines à coudre. Dans ce domaine, il convient de rester objectif et de voir ce qui a déjà été réalisé au Maroc, même si ces réalisations sont en deçà des potentialités réelles. Les possibilités d'expansion, immenses, attireront certainement des investisseurs.
Réduire la consommation de bois
Il est urgent de réduire de 50 % la consommation de bois. Les actions en ce sens se multiplient. Ainsi, en ce qui concerne les hammams, qui en consomment énormément, des procédés ont été mis en oeuvre, par exemple avec certains propriétaires de bains de la ville de Marrakech, Beaucoup reste à faire, car il ne s'agit pas de remplacer le bois par les déchets de plastique, de cuir et des ordures, dont la combustion dégage d'épaisses fumées noires et toxiques... En milieu rural, le programme est pour l'instant embryonnaire, mais la tradition citadine du four collectif pour la cuisson du pain y est peu à peu transposée, de même que sont mis en place des hammams collectifs. Car, dans les campagnes, chacun chauffe son four et son eau de bain de façon individuelle. Des hammams solaires et à gaz qui permettront d'économiser le bois sont en construction. Plus de 150 actions sont menées. Hélas, pour l'instant les sociétés privées qui approvisionnent le monde rural sont hors la loi, il faut en conséquence réglementer. Quant au reboisement, il devra se faire en collaboration avec les forestiers.
Les observateurs adressent des requêtes au secteur bancaire marocain, auquel ils reprochent sa frilosité malgré les efforts notables de la BMCE, Ils souhaitent qu'une exonération de la TVA soit accordée pendant dix ans et qu'un certain nombre de charges sociales soient supportées par l'État, État qui, en contrepartie, verrait se créer des emplois, mobiliserait ses ressources énergétiques naturelles et participerait à la protection de l'environnement. Ces mesures apporteraient en outre des sources d'impôts à partir de 2011,
Un pari sur l'avenir
Aujourd'hui, le Maroc est le leader des pays africains en ce qui concerne les énergies renouvelables, Sa coopération avec les pays développés est importante, notamment avec les États-Unis. Le Maroc semble prêt pour l'avenir, d'autant que les projets pilotes se révèlent efficaces, que ses décideurs vont dans la bonne direction et qu'ils en comprennent les enjeux.

Des articles complémentaires à consulter :
- Environnement Maroc : l'agriculture biologique
- L'eau au Maroc
- Environnement au Maroc : Les énergies renouvelables
- L'islame et l'environnement
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- La ferronnerie
- Environnement du Maroc : La forêt
- Jean-Maria Pelt
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