la Fondation ONA :
Nous connaissons bien la Villa des Arts de Casablanca, centre de culture et d'échange L'inauguration de la Villa des Arts de Rabat vient ajouter un fleuron prestigieux à la dynamique de Fondation ONA.
Déclarée d'utilité publique en 1988, la Fondation ONA a développé de nombreux projets aussi bien dans le domaine de la santé que dans celui de l'action culturelle. Le Président de la Fondation, M. Raclrid Slimi, rappelle: « L'un des objectifs majeurs de la Fondation ONA est de susciter ce regard libre et intègre de notre société sur elle-même. En effet, les artistes et écrivains, même lorsqu'ils travaillent dans la subjectivité la plus radicale, s'inscrivent dans une perspective commune qui nous questionne et nous permet de nous redécouvrir tout en nous invitant à découvrir « l'autre » et à le comprendre à travers ses propres modes d'expression. » La Villa des Arts, à Casablanca, a permis à la Fondation d’œuvrer pleinement dans son soutien de l'interculturel, au plan national et international. Dans cette optique, la Fondation ONA a inauguré, le 13 décembre 2006, en présence de S.A.R. la Princesse Lal1a Hasna, la Villa des Arts de Rabat. Ce centre culturel sera, comme celui de Casablanca, dédié à des manifestations multiples: arts plastiques, photographie, design, architecture, sculpture, installations, vidéo, animations, performances, théâtre, conférences, concerts, chorégraphie, cinéma, arts populaires, poésie et littérature. Une vocation universelle dans un espace remis à neuf avec une attention toute particulière. Car Rabat, comme Casablanca, sont des villes connues pour avoir été, des années vingt à soixante, de véritables laboratoires architecturaux qui ont vu les plus grands noms de la profession réaliser des immeubles et villas. La Villa des Arts de Rabat s'est installée dans une ancienne demeure Art Déco restaurée avec soin au cmur d'un quartier dédié à la culture. Sa mise en valeur architecturale correspond bien à la volonté de promotion de la culture. Le jardin évoque la sagesse des Platoniciens, la Tour symbolise l'élévation de l'esprit humain. Quant à la Villa du parc, au Carré d'art, à la Pergola, au Diwan, à la Place des Arts et à la Galerie, leurs noms sont à eux seuls assez évocateurs de l'effervescence qui règne d'ores et déjà en ce haut lieu de la culture. A1 Quantara est une salle polyvalente et le Forum Romain, tantôt abrité, tantôt découvert, a la vocation de répondre aux arts de la scène.
Glob'Art, exposition inaugurale, a permis de saluer la multiplicité et la créativité renouvelée (les artistes marocains, ainsi que la variété (le leurs inspirations et leur universalité. Ceci avec les oeuvres de feu Aziz Abou Ali, à la fois peintre, sculpteur et graveur, qui séjournait à Madrid. Avec le travail du peintre Hamid Alaoui, qui vit en Allenmgne et celui d'Ahmed Benyessef, résident à Séville. La production du peintre et sculpteur Mohammed Azouzi, Installé a Paris. Les toiles de Maxime I3en Haïm, établi à Montréal, André Elbaz, de Narbonne, Mohamed Hamidi, (le Grasse, My Ali Idrissi, (le Cannes, Abdellatif Lasri, de Paris, Bouchaïb Maoual, de Marseille, Najia Mehadji, de Paris, Meriem Mezian, de Madrid, Mehdi Qotbi, de Paris, Abdellah Sadouk, (le Saint-Uuen, Lirahim Sadouk, de Reaunc, Rachid Sebti, de Waterloo, Karim Sernmar, de Francfort. La jeune génération était représentée par le plasticien et céramiste My Hicham Lidrissi, de Nice, par le plasticien Abdelkrim Srluri, (le Bordeaux, par la plasticienne Yto Berrada qui explore par la photographie le rôle du détroit de Gibraltar et qui partage son temps entre Paris et Tanger. Tout comme le vidéaste Mounir Fatmi. Ou Roushra, également artiste plasticienne fascinée par le sable. Mounia Dadi, de Montréal. Le plasticien de Barcelone, hhalid El Rekay. Et encore Mahi Rincbinc, entre Paris, Marrakech et New York. Ville qu'aune aussi la designer Salima Raoui. À noter les oeuvres de Karim Tassi, de Yamou et de la jeune globe-trotter Leïla Ghandi. Tous Marocains du monde qui ont gardé un lien très fort avec leur pays.
« Au fil de l'art », à la Villa des Arts de Rabat La haute couture a toujours été Investie d'une fonction artistique. Du croquis esquissé par un génie à la réalisation par des petites mains anonymes, la mode mêle étroitement art et artisanat. Il n'est que de se rappeler la collaboration entre Paul Poiret et le peintre Raul Dufy, entre Elsa Schiaparelli ci Salvador I)ali. ()u dans les années soixante, la collection « Mondrian » d'Yves Saint-Laurent. M. Rachid Slimi évoque cet accord: « (;'est par rapport à cette relation longue de plus d'un siècle, entre artistes et créateurs de mode, que la Fondation ()NA, soucieuse de favoriser toits les modes d'expression d'ici et d'ailleurs, organise une exposition, créant une synergie entre l'art et la mode, afin de donner l'âme à l'industrie de la création vestimentaire et utiliser l'habit comme support artistique. » Aux confrontations entre les œuvres de Besner et les réalisations de liante couture sont venues s'ajouter les installations poétiques de Martina Bigot.
Le Canadien Dominic Besner est né en 1965 a North Lancaster, en Ontario. Après une formation en architecture, il se consacre à la peinture À sa vision de la ville, il superpose un traitement personnel des couleurs et des figures. Ainsi, dans son exposition intitulée « La démesure (les convoités », présente-t-il des êtres et objets plus grands que nature, dans un maelström d'émotions et de sensations parfois contradictoires. Son interrogation porte sur la place de l'humain dans la société et sur le sens métaphysique de l'existence. Ce qui révèle souvent un certain malaise, comme le titre de certaines de ses oeuvres le révèle, ainsi « Sombre regard d'une poésie dantesque ». La fonction de témoin est primordiale, témoin d'une époque, témoin d'une présence, même douloureuse. ("est a l'initiative de Diane Brabant, de l'organisme RARE (Représentants d'Artistes pour un Rayonnement à l'Etranger), qu'il expose aujourd'hui à la Villa des Arts.
En contrepoint des toiles de Besner, les pièces de haute couture exposées proposent un étonnant effet miroir: lien entre les couleurs des oeuvres peintes et le chatoyant des tissus, impressions de matières également qui donnent envie, si l'on osait, (le caresser les peintures puis les caftans. Diplômé d'Esmod en 1996, Si Mohamed Lakhdar s'est fait connaître notamment par sa façon de revisiter les traditions marocaines: collections inspirées par les zelliges, puis les broderies de Fès et enfin les signes berbères. Face au travail de Besner, c'est toute la théâtralité de l'existence qu'il met cri exergue, une théâtralité raisonnée qui ne peut s'épanouir que grâce aux coulisses, symbolisée ici par la plongée profonde vers les racines.
Albert Oiknine, qui a réalisé des costumes pour la scène et le cinéma, après des études au Collège Lassale, livre à la Villa des Arts de spectaculaires caftans, somptueux hommage au Maroc et à ses couleurs. Un travail minutieux et patient de broderies, des couleurs éclatantes, un noir nuit et un rouge sang que l'on retrouve dans toute leur force respective sur les toiles de Besner. L'adéquation est parfaite. L'émotion surgit et le lien entre art et stylisme s'impose. Le strass scintille sur l'assemblage de tulles et de dentelles, de satin de soie et de mousseline et l'on ne sait plus très bien qui, du peintre ou du styliste, est le point d'orgue de l'autre.
Studio à Paris, boutique 3 Casablanca, atelier à Marrakech, Karim Tassi est sur tous les fronts. Designer avec une ligne de meubles, créateur (le bijoux, son style établit un lien vital entre Orient et Occident, entre le meilleur de la tradition et le renouveau apporté par la modernité. Beau parcours depuis l'Institut International de Stylisme et de Modélisme de Casablanca et l'Ecole de la Chambre Syndicale de Paris. Son credo: « La culture marocaine est très riche et j'aimerais qu'elle puisse être assimilée et exportée dans le inonde entier, que ce soit par le vêtement, la décoration, l'architecture ou la littérature. » Son apport à l'exposition « Au fil de l'art » est un vibrant plaidoyer en cc sens.
L'exposition « Regards croisés » réunit des jeunes du Nord et du Sud de la Méditerranée. Dix-sept lauréats, âgés de moins de trente ans, du concours photographique financé par la Commission Européenne. La Fondation ONA a ajouté les photos d'artistes marocains, tels Ieïla Ghandi, Yasmine Tahiri, Anas Bennani et Khalid Jalai. Une autre façon d’œuvrer pour la diversité et pour l'ouverture sur le monde.

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