VOYAGE MAROC


Sacs en plastique : le tableau noir :

Le Maroc consomme près de 400 000 tonnes de sacs en plastique par an, ce qui représente 6 %, de la quantité d'ordures produite, soit 5,5 kg par habitant et par an. Parmi les gammes produites, la palme d'or revient au plastique noir, avec 60 % de la production nationale globale. Les effets néfastes des sacs en plastique sur l'environnement ont atteint un seuil critique. Il suffit de prendre une quelconque route de campagne ou de passer à proximité d'une décharge à ciel ouvert pour en faire le constat.

Outre la pollution qu'il engendre, l'usage massif des sacs en plastique génère aussi chaque année de nombreux cas d'intoxication en raison des substances nocives qui entrent dans leur composition.

Pour combler le vide juridique qui a prévalu jusqu'à présent en matière de réglementation de la production et d'usage des sacs en plastique, un projet de décret, à l'étude au Secrétariat général du Gouvernement, prévoit onze mesures pour assurer les conditions de salubrité et d'hygiène découlant de l'usage de ces sacs. L'article 5, notamment, dispose que « les sacs en plastique doivent être fabriqués à partir de matières premières vierges et ne doivent pas contenir des substances chimiquement toxiques ». Par ailleurs, la mention de l'entreprise productrice devra figurer sur tout sac mis en vente sur le marché (article 7). Deux obstacles vont cependant contrarier ce projet de décret : d'une part, celui-ci ne prévoit rien pour ce qui est du recyclage des sacs en plastique; d'autre part, il ne fait pas l'unanimité des professionnels du secteur. Parmi les points de discorde, toujours le sac noir. Selon l'article 7, « les sacs doivent être de couleurs différentes à l'exception de la couleur noire ». D'où la levée de boucliers des plasturgistes marocains - cela leur coûtera plus cher - qui assurent pouvoir fabriquer un sac de couleur noire sans qu'il soit pour autant toxique.

Quelle que soit l'issue à ce projet de décret, celui-ci ne vaudra que par sa stricte application et par les sanctions qui seront prévues pour les contrevenants. Restera ensuite à prendre en compte l'absence de civisme qui risque fort de réduire à néant toute nouvelle mesure. La société civile et les communes devront aussi assumer leurs responsabilités en incitant leurs administrés à ne pas jeter leurs sacs n'importe où, mais dans des poubelles prévues à cet effet et qui doivent être ramassées et déchargées dans des centres de traitement pour finir dans une décharge digne de ce nom. N'oublions pas que la décharge de Casablanca, 4 millions d'habitants et 4 000 tonnes d'ordures ménagères par jour, est depuis longtemps arrivée en fin de vie. Un don américain de 350 000 dollars, octroyé par l'Agence Américaine pour le Commerce et le Développement (US Trade and Development Agency-USTDA) à la région du Grand Casablanca va cependant ouvrir de nouveaux horizons : collecte et transport des déchets, nettoiement des rues, mise en place des centres de transfert et de traitement pour la décharge actuelle et, à terme, choix d'un nouveau site pour l'aménagement d'une nouvelle décharge.

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