Sur quatre hectares et demi, au cœur de la verdure et des dunes, sont érigées les premières maisons de pierres, de pisé (terre battue) et de bois provenant des régions avoisinantes : pierre blanche d'Agadir, rouge d'Argana, ardoise verte d'Anzi. Les plafonds sont en tataoui, branches de laurier « alili » cueillies au mois d'août pour éviter toute attaque des parasites, et eucalyptus. Les terres teintées de l'Atlas et de l'Anti-Atlas servent à réaliser des enduits muraux et des fresques en stuc, mélange de ces terres, de poudre de marbre, de plâtre, de chaux et de ciment blanc. On retrouve dans les motifs la même inspiration traditionnelle berbère ou sahraouie si chère à Coco Polizzi dans sa quête d'authenticité. C'est un véritable village avec ses ruelles, ses maisons typiques et ses boutiques qui voit le jour. C'est là que Polizzi a construit sa propre maison aux influences bien sûr marocaines et méditerranéennes. Lui qui voyage beaucoup pour son travail (il va souvent en Arabie) trouve dans son havre magique paix et sérénité. Il a choisi de l'ériger sur un promontoire et c'est là qu'il a expérimenté et peaufiné nombre de techniques artisanales. Les murs, de près de 70 centimètres d'épaisseur, protègent de la chaleur. De même, comme dans les casbahs du sud, la lumière est tamisée p a r d e petites ouvertures. Les bougainvillées envahissent les patios et grimpent sur les colonnes des terrasses. Sur l'une d'elles, Coco Polizzi crée et sculpte, avec en tête toujours de nouveaux songes.

Passionné, chaleureux, Coco Polizzi ou l'un des membres de la famille, telle sa fille Paola, accueille les visiteurs. Ils communiquent leur enthousiasme, leur amour du Maroc, du beau et du travail bien fait. Leur projet de Médina, ils l'ont caressé longtemps et ils peuvent être fiers des premières réalisations.
La Médina vit au rythme des vingt-cinq ateliers - où tous les métiers artisanaux du Royaume seront représentés - que l'on visite, du café maure où est servi un déjeuner typique et du couscous le vendredi... À terme, quatre autres restaurants, dont un de cuisine marocaine dans un riad, qui pourra accueillir fêtes et mariages, une boulangerie traditionnelle, un hammam, un petit marché, un musée, une galerie d'exposition, un hôtel de 46 chambres... Véritable petite ville, la Médina d'Agadir a pour objectif de promouvoir l'artisanat, la culture, le social, le tourisme, l'architecture et l'urbanisme.
L'environnement n'est pas oublié puisque quelque deux hectares seront réservés aux jardins botaniques, séguias, ainsi qu'au lac artificiel... Un programme ambitieux, dans lequel s'est investie une partie de la famille Polizzi, regroupée autour de Coco, pour vivre le même rêve. Un rêve que chacun peut partager, pour se plonger dans le passé et la tradition :
« Je tiens à promouvoir la culture dans la région d'Agadir et à revaloriser l'artisanat. Et surtout je voulais rendre à la ville la médina qu'elle avait perdue... » souligne Coco Polizzi. Et d'ajouter : « Visitez une oeuvre qui a cinq siècles de retard sur notre temps... ». Désormais, Agadir est beaucoup plus qu'une simple station balnéaire aux plages de sable fin et au doux climat. Une partie de son âme a ressuscité.