S'évader : Parc National d'Agadir :
Créé en 1991, le Parc National de SoussMassa est un paradis pour animaux menacés de disparition, notamment certaines espèces uniques au monde. Un écomusée y est en cours de construction et un ambitieux projet d'aménagement attend son financement. Tour d'horizon.
Une petite arche de Noé que cette Réserve naturelle de l'Oued Souss ! Avec une superficie de 33 800 ha, le Parc National de Souss-Massa (PNSM), à 51 km au sud d'Agadir et 41 km au nord de Tiznit, n'est pourtant qu'une minuscule aire de protection animalière comparée aux grands espaces africains comme celui d'Etocha dans le désert de Namibie. Cependant, malgré sa petitesse relative, ce parc a plusieurs atouts qui en font une destination de rêve pour les amoureux de l'écotourisme, un loisir en vogue. Créé par décret du 8 août 1991, le PNSM est tout d'abord facile d'accès. Il est voisin d'Agadir, ville très animée, au climat doux et ensoleillé 300 jours sur 365. Agadir est dotée d'un aéroport international et d'une capacité hôtelière de qualité estimée à plus de 20000 lits (elle va doubler dans les dix prochaines années). Enfin, le PNSM abrite certaines espèces uniques au monde, notamment l'ibis chauve. Avec une cinquantaine de couples nicheurs, c'est l'un des spectacles les plus remarquables du parc.
Officiellement, il existe au Maroc quatre Parcs nationaux : celui de Souss-Massa, celui de Toubkal (créé en 1942), Tazzeka (créé en 1950) dans la région d'Azrou et Iriki (créé il y a six ans) entre Ouarzazate et Tata.
Pour accéder à la Réserve de Souss-Massa, on peut emprunter la RN 1, en direction de Tiznit. Mais l'entrée se fait toujours par la route pastorale sur l'Oued Souss.
Cette journée du 18 janvier 2001 est inhabituellement brumeuse, mais le soleil apparaît de temps à autre et la température est douce, comme à l'accoutumée. Oued Souss au nord, Sidi Moussa Aglou au sud, le parc (dont deux zones sont clôturées) est pris dans une sorte d'enclave côtière longue de 65 km et large de 5 km. Les paysages naturels aux environs des oueds Souss et Massa offrent des vues imprenables. Une biodiversité animale et végétale rarement égalée ailleurs. L'originalité du paysage réside dans son mariage de la verdure, des dunes et de l'eau. Sur environ 4 000 ha, la nappe à euphorbes, parsemées de pieds d'arganiers, est spectaculaire ; elle offre au regard un paysage exceptionnel d'une rare beauté.
À l'origine, ce paradis terrestre fut créé pour répondre au besoin de « protection de la population de l'ibis chauve, la plus importante connue à l'époque, et qui a été découverte au début des années quatrevingt », explique Mohamed Ribi, ingénieur forestier et directeur du PNSM. L'ibis chauve (abou manjal al aslaa, en arabe) est un oiseau très rare, menacé de disparition. Avant sa sédentarisation, le volatile était une espèce migratrice. « La population de Souss-Massa est la dernière espèce actuellement connue dans le monde », ajoute Mohamed Ribi.
On compte environ 250 spécimens de cet échassier à plumage noir et à tête dégarnie (ce qui lui a valu son nom). En plus des sites de nidification qui se trouvent sur les falaises côtières du parc, au sud de l'embouchure de l'oued Massa, il existe un quatrième site à Tamri, au nord d'Agadir, hébergeant une cinquantaine d'oiseaux de cette espèce dont 24 couples nicheurs.
Conservation et gestion rationnelle
Mais on s'est vite aperçu que la protection de la seule espèce de l'ibis chauve ne suffisait pas étant donné les potentialités et la vocation réelles d'un tel parc, situé dans l'une des plus belles régions touristiques du Maroc, à proximité de sa plus grande station balnéaire. Un autre rôle et d'autres objectifs sont alors assignés au parc : « La conservation et la gestion rationnelle des ressources naturelles ». Le PNSM est investi d'autres missions pédagogiques et sociales comme la contribution à l'amélioration de la qualité de vie de la population locale et l'éducation et la sensibilisation du public. Car il est vain de protéger des animaux dans des enclos si la population se sent privée de ce qu'elle croit être son droit (allusion à la déforestation et à la chasse vivrière).
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