Développement de souss massa drâa :

Actuellement, le Parc National de Souss-Massa, qui est à cheval sur la préfecture d'Inezgane-Aït Melloul, la province de Chtouka-Aït Baha et la province de Tiznit, n'est pas ouvert au public. II le sera bientôt, une fois que certaines dispositions réglementaires auront été prises. La Réserve naturelle est la mieux dotée d'une législation spécifique et appropriée au Maroc. Sa réglementation générale et l'organisation de son aménagement ainsi que sa gestion sont régies par le décret du 28 janvier 1998. Mais, pour une meilleure gestion, un meilleur développement et une plus grande rentabilité du Parc, ce texte doit encore évoluer afin d'assurer davantage d'autonomie et de marge de manoeuvre aux gestionnaires. En effet, dès que le statut du PNSM sera transformé en SEGMA (Service d'État Géré de Manière Autonome), sa direction, qui relève de l'administration des Eaux et Forêts du Sud-Ouest, aura le droit de lever des fonds (prêts, dons...) et de faire des recettes. D'ailleurs, la KfW, une banque publique allemande agissant pour le compte de la coopération extérieure, s'est intéressée au projet de développement du PNSM, mis au point en 1996 avec un organisme technique également allemand, la GTZ. La KfW était prête à investir près de 36 millions de DH, voire le double. Mais après d'âpres et longues discussions, les Allemands ont fait volteface et se sont retirés du projet. Si les raisons de ce revirement restent vagues tant la bonne volonté de la partie marocaine était manifeste - d'autant plus que la GTZ a avalisé et viabilisé le projet -, il n'en demeure pas moins que, selon certaines rumeurs locales, la marche arrière résulterait du manque d'enthousiasme d'une partie des riverains pour un tel projet. Mieux: toujours selon les mêmes sources, depuis longtemps plus d'un millier de grottes du parc servent d'habitat ou de lieu de villégiature, notamment à des pêcheurs.

 

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À part cela, le projet de développement du PNSM est ambitieux, rationnel et il tient la route. Seulement, l'administration des Eaux et Forêts, qui a débloqué 3 MDH pour un écomusée en cours de construction, ne peut pallier la défaillance allemande. Et au superministère de l'Agriculture qui chapeaute les Eaux et Forêts, on a d'autres « vaches » à fouetter. D'autres sources de financement sont en cours de prospection. Le directeur du PNSM est un homme qui connaît et aime son métier. II brûle d'envie de concrétiser un rêve « qui profitera d'abord au développement de la région, confie-t-il. Notre plan de gestion vise à développer la région tout en valorisant les ressources par l'écotourisme. Et nous avons un atout de taille : la proximité d'Agadir ». Dans cette optique, l'on comprend mal le retrait allemand, d'autant plus que la destination Agadir est programmée et commercialisée principalement par des tours opérateurs germaniques. Les Allemands, certes champions de la protection de la nature, avaient tout à gagner dans l'aboutissement d'un tel projet. Lequel devait donner la priorité à la main-d’œuvre locale et faire quelques rentrées d'argent via la vente des tickets d'entrée et l'animation d'ateliers locaux. « Nous estimions que nous avions effectivement besoin de transformer notre statut actuel en SEGMA afin d'alléger les procédures administratives », ajoute Mohamed Ribi. Le ministère de tutelle a achevé l'élaboration du texte en question et l'on attend sa publication au BO ainsi que son décret d'application.