Antilopes et Flamants roses à Agadir

Àl'origine, le domaine était une forêt d'arganiers et toute la zone était ensablée. Après la stabilisation des dunes, est apparue une végétation basse de type steppique, propice à la vie des espèces sahariennes comme les antilopines, et constituant un habitat favorable à l'ibis chauve. On peut également admirer des milliers de flamants roses qui y passent l'hiver, des canards, des hérons cendrés et autres oiseaux rares. Imprévisible et torrentiel, l'oued ne peut pas être remonté à pied. Néanmoins, il est permis (heureusement) d'observer les volatiles en s'approchant de la rivière. Très beau spectacle en octobre-novembre, période de reproduction, et en mars-avril. En tout, le parc rassemble 24 espèces de mammifères et une douzaine d'espèces de micro-mammifères. Quatre espèces d'antilopes ont été réintroduites dans le parc aux côtés d'autres espèces sauvages: l'addax dont la population progresse très bien (elle est passée de 70 individus à près de 160), la gazelle dorcas dont le nombre a triplé (passant de 150 individus à près de 500), l'antilope oryx dont le troupeau a doublé. Seule la population de la gazelle dama mhorr ne se porte pas bien.

Chez les volatiles, seule l'autruche à cou rouge a été réintroduite dans le Parc : si l'on en compte actuellement trente, ce chiffre n'a été atteint que depuis un an. Les récentes pluies de janvier qui ont arrosé la région sont de bon augure, surtout pour l'autruche et l'addax qui ont besoin d'eau en été. On prévoit une augmentation des naissances. En revanche, si la prolifération de ces animaux est un signe de bonne santé, elle est en même temps, au-delà d'un certain nombre, un obstacle majeur à leur survie. Explication : les quatre Zones de Conservation des Ressources Naturelles (ZCRN) du PNSM (une superficie totale de 8200 ha) ne pourront plus assurer un minimum d'espace vital à des espèces sahariennes habituées avant leur sédentarisation (le Parc comprend une dizaine de points d'eau artificiels alimentés par motopompe) aux grandes migrations transfrontalières. Elles parcouraient des milliers de kilomètres du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest du continent africain, dès que l'eau et la nourriture se faisaient rares. C'est pourquoi, remarque le directeur du PNSM, « il faut effectuer de temps en temps des prélèvements pour maintenir les troupeaux à des niveaux acceptables ». Où iront les surplus? Lorsque le cas se présentera, les individus seront relâchés dans d'autres parcs où il y aura encore de l'espace, par exemple ceux des régions du Bas-Draâ et de Dakhla . Autrement dit, le PNSM a une autre mission, peut-être inavouée, celle de constituer une pépinière zoologique, voire une banque « génotypique » d'espèces menacées de disparition.

 

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Les troupeaux initiaux d'antilopes ont été ramenés de divers zoos européens qui ont fourni des animaux de souche marocaine. Parmi les « rapatriés », figuraient des descendants d'animaux expatriés des années auparavant pour être préservés. Cela implique une extrême vigilance de la part des surveillants qui doivent signaler aux zoologistes la moindre perturbation dans le comportement normal de chaque troupeau. Mais cette règle impérieuse est difficile à appliquer tant le PNSM est indigent en matériel roulant, même si la petitesse relative des espaces où évoluent les animaux évite de se déplacer en voiture. Le parc qui ne dispose pas de moyens techniques importants (manque de véhicules tout terrain, de bureaux, d'ordinateurs pour suivre l'évolution des troupeaux...) parvient à fonctionner grâce à la bonne volonté et au dévouement d'une dizaine de gardes forestiers. Mais c'est loin d'être suffisant : la surveillance se fait à pied, et le parc est largement en deçà de ses potentialités réelles.

Qui vient visiter le PNSM? Peu de monde car il est encore fermé aux visites organisées. Toutefois, il est habituel de croiser des nationaux et des touristes étrangers dans les parages. Mais exclusivement dans les zones fermées. Enfin, les médias nationaux et étrangers (Rai Due, TV5, BBC...) y effectuent parfois des reportages.