« Le plus grand peintre marocain est très certainement Yacoubi, qui est présent au Museum of Modern Art de New York, ainsi que dans des collections et musées nationaux en France, Espagne et Angleterre. C'est tout à fait remarquable, lorsqu'on sait qu'un tout petit nombre de peintres marocains peignait pendant la période du protectorat. Les plus reconnus des peintres marocains disparus sont Mohamed Ben Ali R'bati, Mohamed Ahmed Louardiri, Mohamed Kacimi, Fatimah Hassan, Mohamed Ben Allal, Moulay Ahmed Drissi, Antonio Fuentes, un peintre de Tanger qui fut un ami de Picasso, Mohamed Drissi, Moulay Ahmed El Yacoubi, Jilali Gharbaoui. Selon nous, les peintres marocains vivants les plus reconnus à ce jour sont Fquih Regragui, Saad Quodaid, Aziz Benja, Fouad Bellamine et Aziz Boufrakech ».
« Notre dictionnaire des peintres à Tanger donne une liste de près de quatre cents artistes qui ont travaillé dans la ville blanche, comprenant plusieurs des plus grands peintres orientalistes français, américains, allemands et anglais. Lorsqu'on sait que les peintures les plus réputées de Delacroix ainsi que de Matisse ont été réalisées à Tanger, tout est dit! Parmi les plus intéressants peintres orientalistes contemporains figure le travail remarquable des artistes français Katie Gabet et Jacques Gatti, des Anglais David Mynett, Colin Watson, Charles Penny, de l'Américain Stacey Elko. Avec une mention particulière pour Georges Lacore, qui est l'un des peintres orientalistes français les plus connus. Né à Berkane, au Maroc, il a une empathie naturelle pour ses sujets de prédilection, portraits hyperréalistes de Berbères en costumes traditionnels, études de groupes d'hommes bleus en conversation, avec une juxtaposition de couleurs fortes. Ses peintures sont d'ailleurs dans les plus prestigieuses collections, de Saint Petersbourg à New York. C'est un véritable artiste jusqu'au bout des ongles! ».

« Les placements artistiques ont prouvé, au fil de l'histoire, être un bon investissement, et au cours des dix dernières années, la valeur des œuvres de beaucoup d'artistes marocains a dépassé les performances boursières. Nous avons à l'occasion agi en tant que consultants pour des collectionneurs qui voulaient assembler ce que l'on pourrait appeler un portefeuille d'investissement. En général, cependant, le meilleur avis que l'on peut donner est que chacun ne doit acheter que ce qui sied à son propre goût. Ainsi, on peut penser que les artistes que nous avons sélectionnés sont suffisamment reconnus pour que, avec le temps, la valeur d'une œuvre soit supérieure au prix d'achat, mais comme pour tout autre placement, rien n'est garanti! Le marché de l'art est autant sujet à récession ou à des engouements que n'importe quel autre marché. L'impressionnisme peut être en vogue pendant dix ans, puis l'orientalisme ensuite, mais une oeuvre de qualité séduira toujours des collectionneurs sérieux, que l'école soit à la mode ou pas. Dire à un collectionneur que les oeuvres d'artistes décédés prendront de la valeur est relativement évident...
L'exemple parfait est Mohamed Ben Ali R'bati (1861-1939). Il y a vingt ans, on pouvait acheter une belle toile pour deux ou trois mille dirhams. Aujourd'hui, la même vaudrait certainement deux ou trois cent mille dirhams. Un exemple plus récent de l'augmentation rapide de la cote d'un artiste décédé est le cas du peintre tangérois Mohamed Hamri (19322000). Les grandes huiles de Hamri tournent actuellement autour de deux cent mille dirhams, mais étaient certainement vendues deux mille dirhams au départ. Parmi l'ancienne génération des années soixante, l'écrivain-peintre Mohamed M'rabet. Ses peintures, qui se rapprochent de celles de Jilali Gharbaoui, ont été régulièrement achetées par les plus grands collectionneurs tels Peggy Guggenheim ou l'écrivain américain Tennessee Williams. D'autres artistes vivants, dont le travail est également recherché et dont la cote augmentera certainement, sont des orientalistes français comme Katie Gabet et Jacques Gatti, des artistes marocains de la jeune génération comme Saïd Qodaid, Aziz Benja, Aziz Bufrakech...