« Ce que les collectionneurs doivent se rappeler, c'est qu'avant la taille d'une œuvre, ce qui est plus important, ce sont sa qualité ainsi que le support. Ainsi, R'bati peignait à la gouache sur du papier ordinaire. Le papier, non seulement se détériore plus rapidement que la toile ou le bois, mais il est également sujet à des détériorations, à cause de l'humidité et des insectes. La gouache et l'aquarelle éclaircissent avec la forte lumière marocaine et même si une peinture de R'bati est bien protégée, encadrée, suspendue à un mur, jamais exposée au soleil, elle va littéralement s'autodétruire. À l'opposé, une peinture à l'huile avec de la toile pour support pourra durer plusieurs siècles ».
« Ah, ces artistes! Les personnes créatives, en particulier les artistes, peuvent parfois être particulières. Ils sont tellement dirigés par leur talent, tellement concentrés sur leur travail qu'ils peuvent soit sembler distants, soit arrogants, agressifs, excités ou nerveux... Il y a un proverbe qui dit que « le génie est près de la folie », mais gérer une galerie est quand même moins difficile que de diriger un asile de fous! ».
« La réputation de l'art marocain est littéralement entre les mains des artistes marocains. Notre galerie est très active pour promouvoir l'art marocain sur un plan international. Notre programme de publication est large et a déjà eu un effet réel sur le marché de l'art. Bientôt, sortira la nouvelle édition de notre « dictionnaire des peintres ». L'ouverture de notre galerie à Marrakech va, c'est évident, mettre encore plus en lumière l'art marocain dans ce contexte international, car Marrakech est devenu le lieu de séjour incontournable pour la jet-set. Les visiteurs de la ville ocre pourront voir nos expositions avec des artistes marocains de renom, et cela ne peut qu'accroître leur réputation ».
« Quand nous pensons à de grands artistes comme Renoir, Picasso ou Léonard de Vinci, nous connaissons tous leur oeuvre, leur génie, mais pas nécessairement leur nationalité. Le fait qu'un grand peintre soit marocain ou grec par exemple, ne limite pas son importance. Les collectionneurs misent sur la qualité d'un travail et pas sur la nationalité d'un artiste. Picasso était un grand homme parce qu'il était Picasso, et pas parce qu'il était Espagnol. De même, Hamri était connu parce qu'il était Hamri. Picasso a une réputation internationale, non seulement à cause de l'immensité de son génie, mais également grâce à des années de promotion et de prise en compte de son travail. Mais les mêmes facteurs pourraient élever un artiste marocain à des sommets similaires. Le Maroc a toujours eu une bonne réputation pour la qualité de ses produits artisanaux. C'est une fondation solide sur laquelle on peut bâtir ».

« À ce propos, nous voudrions dire tout le respect que nous éprouvons pour tous ceux qui nous aident ou nous ont aidés à devenir ce que nous sommes. Nous voulons transmettre notre savoir aux Marocains qui s'intéressent à l'art. Ainsi, le directeur de notre galerie de Tanger, Aziz Benachagri qui, depuis neuf ans, nous seconde dans son développement et dont les connaissances progressent d'année en année ».