Ville très proche de la frontière, au pied de la chaîne des Béni Snassen, Ahfir était une ville importante en 1960.
Quatrième ville de la région par sa population, elle est redescendue aujourd'hui au sixième rang. « Son premier noyau remonte à 1859, quand le général français De Martimprey installa une redoute au débouché du col de Guerbous, sur les Thffa, près des sources de l'Oued Kiss frontalier, pour prévenir les incursions des Béni Snassen sur le territoire algérien », selon Abdelkader Guitouni. Ahfir a connu un accroissement important pendant le protectorat. De nombreux Européens y vivaient. Pendant la guerre de libération algérienne, les immigrants algériens vinrent s'ajouter aux étrangers. Ahfir était alors un lieu d'échanges animé. Le départ des uns et des autres a porté un coup au dynamisme de la ville. Et la fermeture des frontières a détérioré plus encore la situation. Mais la ville connaît actuellement un regain d'activité.
Au-delà de la plaine, les montagnes. On aperçoit l'Algérie et une petite ville accrochée sur le versant d'une montagne. La route, large, devient à un certain moment une voie rapide. On traverse des villages aux stations services fermées. Elles ont fait faillite. Nous croisons des motos et des ânes transportant des bidons d'essence qui se vendent parfois au bord de la route. Des bouteilles transparentes laissent voir le liquide rose. La personne qui nous accompagne et qui vit dans la région, nous raconte que des ânes sont téléguidés avec un micro placé dans l'oreille. Il suffit au propriétaire de l'âne d'émettre les mêmes sons pour le faire avancer et le diriger.
