Ouirgane, étape sur la route de Tizi n'Test, point de départ des ascensions vers le Toubkal, offre aux voyageurs trois établissements à caractères différents. À une soixantaine de kilomètres de Marrakech, en plein pays berbère, au cœur des montagnes.
c’est dans les années soixante-dix que M. Fenjirou achète « La Roseraie » pour ne cesser de l'embellir de l'étendre. Une route asphaltée qui serpente et descend vers un domaine où la nature prodigue et 'homme volontaire ont su, dans une extraordinaire symbiose, créer un lieu de rêve. Retraite au cœur d'un parc naturel de 25 kilomètres, « La Roseraie » est un havre de repos et un enchantement pour les sens: parfums des roses, des citronniers et des pommiers. Exubérance de plantes exotiques et de fleurs sauvages. On y vient goûter le calme, la beauté, le raffinement d'un confort et d'une cuisine. Le lieu invite à des randonnées paisibles, à pied ou à cheval. Ceux qui souhaitent s'abstenir du moindre mouvement peuvent, au bord d'une des piscines ou dans un des jardins, se laisser aller à la plus douce des rêveries.
Alors que la route de Tizi n'Test n'était qu'une piste, « Le Sanglier qui fume », alors appelé « La cantine d'Ouirgane », faisait déjà partie des étapes incontournables des randonneurs et des chasseurs. Le premier baraquement avait été construit en 1938 pour la Légion étrangère qui érigeait le pont. Paul et Lucienne Thévenin rachètent à M. Leriche le baraquement, en 1945, en font un lieu de bonheur pour eux et leurs enfants, une halte conviviale pour leurs hôtes. Annick Thévenin, leur fille, née à Marrakech, a grandi à Ouirgane et y a appris à lire et à écrire par correspondance, avant de quitter l'Atlas pour Aix-enProvence. À la mort du père et après le départ de la belle-mère, en 1992, les ouvriers fonctionnent en autogestion. « Le Sanglier qui fume » connaît alors un triste abandon. Été 1995, Annick vient, à la demande des habitants de Ouirgane, sur les lieux de son enfance. Elle est accompagnée de son mari, un Français, né à Casablanca. Elle ne sait pas si elle va rester. Le 13 août, c'est la terrible crue, « Un choc terrible », raconte Annick « la crue a tout dévasté. On a réagi avec la sensibilité du moment ». Plus d'hésitations. Annick et son mari décident de rester, relèvent le défi. Ils feront renaître « Le Sanglier qui fume » de ses ruines. À nouveau, vibrera la fraternité entre les murs et hors les murs. À nouveau, un sentiment de bien-être envahira les voyageurs qui feront halte. Aujourd'hui, le jardin retrouve son éclat, un merveilleux mimosa contemple l'oued. Les chambres, peintes au « tadelakt », ont chacune un décor différent qu'Annick conçoit avec soin. Le couple Thévenin est là, toujours prêt à vous accueillir dans une atmosphère familiale.
Avant de sortir de Ouirgane, en allant vers Tinmel, un panneau indique, sur la droite, « Chez Momo ». On emprunte le chemin en voiture ou à pied. Rien ne laisse vraiment présager le charme de l'endroit où se dresse l'auberge jeune de ses trois années. À peine a-t-on franchi la porte d'entrée qu'on est conquis par le lieu. Un jeune homme tout sourire et en chemise blanche nous salue. C'est Idel Moumen Mohamed, Momo pour les amis. Et l'on devient tout de suite l'ami de Momo. Car Momo a le sens de l'accueil. II va vers ses hôtes, échange quelques mots, déclenche parfois quelques rires et revient vers nous. Moumen Mohamed, né à Ouirgane, a fait des études à Marrakech et y a travaillé dans une villa privée en tant que gérant. Son père lui lègue un terrain dans son village natal. Momo a un rêve: monter une auberge sur ce terrain qui surplombe un magnifique champ d'oliviers. Son patron, de nationalité française, découvre le rêve de Moumen et l'aide à monter le projet. Sans lui, « Chez Momo » n'aurait pas vu le jour. Dès l'autorisation d'exploitation obtenue, Moumen se lance dans la conception de son lieu d'accueil. Féru d'antiquités et ayant une passion pour la décoration, Moumen crée son propre décor. Pas un seul détail qui n'ait été choisi par lui. Tant dans les chambres, que dans les salles de séjour, la terrasse et le jardin. « J'ai choisi chaque objet et chaque plante, leur emplacement, la composition du décor », déclare joyeusement Moumen en nous montrant des têtes de lit forgées, des luminaires à série limitée et une belle collection de poteries. Si l'on trouve « Chez Momo », entouré d'arbres fruitiers, d'oliviers et de palmiers, le calme reposant de la montagne et le confort d'un lieu de charme, l'originalité de Moumen est de proposer à ses hôtes des produits locaux, cuits à l'ancienne, et le pain cuit au four, selon la coutume de la région. Des fours ont été construits comme dans un intérieur privé et chacun est invité à la cuisson du pain. On peut même se hasarder à regarder la cuisine. « Chez Momo », tout est ouvert. Un mixage heureux d'intimité et de convivialité.
