Taforalt, une petite ville de montagne avec, sur le col, des maisons aux toits rouges et pointus et un jardin de fleurs. Certaines sont en pierre de taille. La région de Taforalt a longtemps été une zone de chasse. On y trouvait du sanglier et du mouflon réintroduit aujourd'hui. Nous prenons la route de Zegzel pour voir les fameuses grottes de Taforalt et celles de Zegzel, à neuf km de distance. Nous gravissons un chemin entre des mûriers sauvages et des figuiers, pour atteindre les grottes de Taforalt. Les fouilles ont commencé dans les années cinquante et c'est l'Abbé Jean Roche qui en a été l'initiateur.
On a dénombré 23 niveaux d'occupation du site. Des ossements humains et animaux ont été découverts. Des pierres taillées inscrivent la présence humaine dans la longue période du Paléolithique. Les fouilles ont été arrêtées en 1950. Depuis, les pigeons ont installé leurs abris dans les excavations. Les vestiges préhistoriques, dans les grottes de la région, où le fameux crâne de Taforalt a été découvert, peuvent exercer un fort pouvoir d'attraction, tant touristique que scientifique. On pourrait développer la recherche scientifique de cette période et créer un musée de la préhistoire, à l'instar du Musée de Préhistoire des Gorges du Verdon, dirigé par Jean Gagnepain.
C'est à Taforalt, un paisible petit village, qu'on a découvert, au début des années cinquante, l'homme préhistorique qui en porte le nom.
Taforalt se trouve en plein milieu d'un massif montagneux. C'est à 500 mètres de ce village, dans la « Grotte des pigeons », qu'on a découvert, au début des années cinquante, l'homme préhistorique de Taforalt. La grotte présente des conditions particulièrement favorables à un habitat humain prolongé. Ses dimensions, la hauteur de sa voûte, assurent une lumière abondante et une aération convenable. La proximité de la source de Taforalt, qui se déverse en cascade près de l'entrée, un avantage considérable dans une région semiaride, crée des possibilités d'approvisionnement en eau et en gibier. Il a été établi que l'homme préhistorique, qui y a brûlé du cèdre, du genévrier et des chênes, l'a habitée durant 1500 ans environ. C'est à une certaine profondeur, au pied d'une falaise dominant l'extrémité occidentale de la vallée de Zegzel, qu'on a trouvé un crâne trépané.
On a donné le nom de « L'homme de Taforalt » à son propriétaire. L'abbé J. Roche qui, le premier, avait exploré cette grotte à maintes reprises, entre 1951 et 1955, y a découvert une véritable nécropole préhistorique -au moins 80 corps, 39 hommes, 31 femmes, et des squelettes d'enfants dont 10 de sexe indéterminable. Ce groupe humain, qui formait un isolat fortement endogame, chassait peu et se nourrissait pour beaucoup d'escargots.
Les chercheurs rapprochent ces premiers habitants de l'Oriental, soit des hommes du paléolithique supérieur d'Europe, soit des hommes du paléolithique supérieur du Proche Orient. On fait remonter e L'homme de Taforalt » vers 10000 ans avant J.-C. En 2001, on a découvert dans une autre grotte, du côté de Guerssif, un spécimen qui ressemble à l'homme de Taforalt, mais beaucoup plus ancien, puisqu'il date de 15 000 ans avant J.-C.
Dans « Grotte des pigeons », on a constaté qu'on avait ôté les incisives à tous les crânes qui y ont été découverts. De quel rite s'agit-il ? Mystère! Il reste encore des strates à découvrir et donc des missions intéressantes en perspective.
La « Grotte des pigeons » est l'une des nombreuses grottes de la région, mais elle n'est pas la seule: non loin de là, se trouve « La Grotte du chameau », appelée ainsi parce qu'une stalagmite y rappelle étrangement la forme d'un chameau décapité. Également appelée « Tasarrakoute », elle a toujours fait l'objet du culte de certaines montagnardes soucieuses de se débarrasser du mauvais sort. Dans cette deuxième grotte, plus vaste, on a aménagé un circuit éclairé pour les visiteurs, mais elle n'est pas encore ouverte aux touristes, de peur qu'elle ne subisse des dégradations irréparables. Ces nombreuses grottes de l'Oriental, situées dans un paysage montagneux des plus sublimes, constituent l'une des principales potentialités touristiques de la région. On peut y développer un tourisme de montagne autour du patrimoine préhistorique multiple que recèlent gorges et grottes. Un patrimoine à préserver du pillage qu'il a subi du temps du protectorat, puisque les restes humains découverts à Taforalt se trouvent depuis les années cinquante à l'Institut de paléontologie humaine à Paris et n'ont jamais été restitués au musée archéologique de Rabat.
