Bien avant l'établissement du régime du protectorat, en 1912, la France s'était intéressée au plateau de Benslimane délimité par deux artères fluviales importantes, l'oued Neffifikh, à l'Ouest, et l'oued Cherrat, à l'Est. La forêt occupe les terrains situés entre les deux. L'occupation de la Chaouïa commença à la suite du débarquement des troupes françaises à Casablanca, en 1907. Le plateau de Benslimane avait alors une vocation pastorale. De nombreuses tribus y rivalisaient autour des pâturages. « Le semi-nomadisme était pratiqué sur la base de la complémentarité des terroirs, entre les terres pauvres au nord de la ville de Benslimane appelées Sahel, et les plateaux intérieurs de culture sur sols noirs vertiques. Les déplacements s'opéraient sur de courtes distances, entre les deux terroirs, de part et d'autre de la forêt », notent Rabéa Naciri et Abdellah Laouina, dans leur introduction au colloque de la forêt de Benslimane. Très tôt, des sociétés européennes s'implantèrent dans la région et acquirent des terrains agricoles. Les terrains collectifs de parcours disparurent quasi totalement. « À la place s'est étendue une agriculture coloniale et capitaliste dans le cadre de grandes exploitations au mode de faire-valoir direct, pour la production de cultures spéculatives: céréales et vignobles sur le plateau, maraîchage autour des grandes villes et dans les secteurs proches du littoral ». Après l'indépendance du Maroc, la politique de l'Etat s'est orientée vers « la récupération des terres de la colonisation officielle (1963) et la nationalisation des terres des colons privés (1973). Les terres récupérées dans la région de Benslimane ont constitué pour l'essentiel le domaine privé de l'Etat, géré par deux sociétés étatiques et une partie seulement a été distribuée à des paysans sous forme de lots groupés dans le cadre de coopératives de la réforme agraire ». La région est caractérisée par une structure agraire inégale.
Aujourd'hui, se pratique une agriculture essentiellement pluviale. Pendant quelques années, le recours à l'élevage et au pâturage était une alternative pour augmenter les revenus. Pendant les années de sécheresse, la réglementation du droit au pâturage a été supprimée par les autorités pour faire face aux effets de la sécheresse.
