À une dizaine de kilomètres de Benslimane, le centre La Forêt est un endroit où il fait bon s'arrêter pour couper avec le stress des villes et savourer un temps la nature environnante.
Un tagine fumant dans l'air hivernal avec un pain de blé fait maison, un verre de thé à la menthe siroté au soleil, quelques coassements de crapauds, un chat qui miaule sur le toit et plus loin un poney au pelage roux qui broute l'herbe, nous sommes au centre La Forêt. Études supérieures de tourisme en Allemagne, séjours et expériences professionnelles dans différents pays, en Angleterre, France et Moyen-Orient, Jilali Karama, natif de la région de Fès, rentre au Maroc en 1971. Il travaille dans plusieurs hôtels et monte une société de restauration (Regio à Rabat, Sorrento à Casablanca) avant d'investir dans le tourisme de proximité. Benslimane, avec son micro-climat, sa forêt, ses sites naturels et la proximité des grandes villes et de l'océan, lui semble l'endroit le plus approprié à son projet, la réalisation d'un « Tourisme écologique de santé, de tranquillité et de loisirs ». De l'Association Marocaine des Investisseurs dans le Tourisme Agro-Rural Intégré, Jilali Karama insiste sur la protection de l'environnement et souhaite faire du tourisme agro-rural un facteur de développement, un moyen de protection du patrimoine collectif rural et d'insertion de ruraux dans de nouvelles fonctions. Quand Karama achète le terrain, il y a moins d'une décennie, c'était une surface sauvage. Il installe une éolienne, des pompes immergées et des groupes électrogènes. Le centre La Forêt est équipé en électricité depuis un an. Il y a construit des bungalows, une piscine couverte, une autre en plein air, un restaurant avec un gril et surtout il a planté un magnifique jardin d'amandiers, de mimosas, de citronniers qui semble avoir toujours été là. Un potager a été aménagé pour offrir à la clientèle des produits bio et de saison. Au coeur du jardin, une sorte de chalet de bois offre un lieu de lecture à l'abri du vent ou de l'humidité du crépuscule. Des livres sont mis à la disposition des hôtes pour ceux qui auraient oublié leur livre de chevet. Le centre La Forêt a encore des réalisations qui devraient voir le jour dans un futur proche. Un pavillon repos pour des personnes du troisième âge qui voudraient passer des hivers ou des étés plus cléments dans un cadre au climat tempéré. Mais Karama ne cesse d'agrandir son projet initial. Des études d'expansion sont en cours pour construire des bungalows et les proposer à la vente comme des résidences secondaires. Les propriétaires pourront bénéficier de toute l'infrastructure proposée, les piscines, la remise en forme, sans oublier la restauration.
Le centre concocte des produits du terroir, de la chasse au gibier, perdreau, faisan, sanglier ou caille, selon la saison. Karama propose aussi des formules pour la tenue de séminaires résidentiels ou journaliers. « Il y a les journées séminaires "anti-stress " combinées à des activités de pétanque, de mini-foot, de marche ou de jeux de société. Les journées « Bol d'Air » pour des sociétés ou des familles avec leurs enfants ou non. Les journées « Vertes » durant lesquelles un technicien des Eaux et Forêts donne aux enfants des leçons sur la forêt, la faune et la flore de la région de Benslimane. Des sorties pour enfants souffrant d'asthme sont organisées... ».
Le centre La Forêt est ouvert toute l'année. Mais c'est au printemps et en été qu'affluent les visiteurs. Pour qui cherche le calme un week-end, la saison importe peu.
Si vous vous y arrêtez, n'oubliez pas de jeter un coup d'oeil sur les tableaux de la maison. Amal vous fera la visite. Passionné de peinture depuis l'âge de huit ans, Jilali Karam éprouve toujours le même plaisir de peindre. « Quand je peins, je me retrouve. Et c'est fabuleux de peindre en pleine nature! ». Dans ses tableaux à la signature rouge ostentatoire, il intègre les feuilles mortes, les fleurs séchées, les branches d'arbres, les écorces...
Cette nature qui a été le berceau de son projet de centre est aussi la matière de sa peinture.
