La forêt, un patrimoine à protéger

L'extension des terres de culture s'est faite au détriment de la forêt. Elle a disparu dans la région du Sahel. L'extension de l'habitat, des carrières et des routes pourrait se faire aux dépens des terres agricoles et forestières. La province de Benslimane n'en abrite pas moins encore une des plus grandes subéraies du Maroc. La forêt de Benslimane s'étend sur une superficie de 57 000 hectares. Elle a toujours joué un rôle important au niveau de la production, de l'emploi, du rôle social et sur un plan écologique. Un tiers de la population rurale vit de la forêt ou dans sa périphérie immédiate. La forêt de Benslimane est composée essentiellement de chêne-liège. Ce dernier se trouvant à sa limite méridionale, il souffre de l'aridité du climat avec une irrégularité des pluies dans l'année et d'une année à l'autre. La fragilité du milieu s'explique aussi par la géologie. Comme il a été rappelé dans le colloque sur la forêt de Benslimane, « le substrat schisteux, peu perméable, ne favorise pas la constitution de nappes souterraines suffisantes pour une agriculture irriguée. Le faible débit des eaux souterraines ainsi que leur salinité constituent une limite sérieuse au développement de l'agriculture et de l'élevage, principales activités des populations. Cette situation est aggravée par la présence, dans la zone forestière et péri-forestière, de sols peu profonds, ferrugineux et fortement hydromorphes ». Rareté de l'eau et difficulté des sols font de la forêt du chêne-liège une des principales ressources de la région. Ce patrimoine forestier est à préserver. Les objectifs liés à la forêt sont multiples, production de bois, de liège, tourisme, loisirs, chasse... Comment préserver la forêt et protéger ses sols avec des objectifs qui la menacent. L'aménagement pour une grande production de liège nécessite « un aménagement en futaie régulière ouverte ». L'absence d'arbustes, le piétinement du parcours, la consommation des herbacées entraînent le ruissellement des eaux sans alimenter en profondeur la nappe et peuvent provoquer un déficit en eau pour les arbres. On a rajeunit la forêt par le traitement en taillis simple et on a régularisé ses formations. « Non nettoyée, cette formation peut être envahie par les espèces secondaires, ce qui aboutit à une " matorralisation", sans doute très favorable en termes de protection de gibier, mais qui se fait aux dépens de la productivité en liège ». Éclaircie excessive, rajeunissement excessif, exploitation trop précoce du liège... les menaces à la pérennité de la forêt sont nombreuses. La survie de la forêt est la condition sine qua non de lutte contre la sécheresse. Développer le tourisme exige de l'eau. Sa gestion pour l'économie et comme bien socioculturel et milieu de vie est le plus grand défi.

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