Benslimane : Une ville longtemps abandonnée

L'attrait que la région a exercé sur les Français du début du siècle s'exerce de plus en plus sur une bourgeoisie urbaine casablancaise qui désire soit investir soit y établir sa résidence secondaire. Mais pour créer véritablement l'appel d'une clientèle touristique, il faudrait d'abord que la ville de Benslimane se dote de structures d'accueil. Car si un voyageur curieux se laisse emporter par des routes secondaires vers la ville de Benslimane, c'est une forte impression d'abandon qu'il ressentira d'abord. Le charme d'une calèche - les petits taxis des villes n'existent pas - le transportant le long de rues que rythment les palmiers longeant d'anciennes maisons coloniales aux toits rouges renforcera son impression initiale.

Il n'y a pas si longtemps, à peine quelques décennies, la ville frémissait de vie. On y travaillait le textile, le liège, l'agriculture... Dans les années soixante, selon Dehy Khalil, député et Président du Conseil municipal de Benslimane, on appelait Benslimane « l'Ifrane de la Chaouïa. Les jardins étaient bien entretenus et il y avait une quantité d'auberges où l'on pouvait déguster du gibier.

Sur la place centrale, au coeur de la ville, il y avait une auberge, un hôtel et le cinéma Delor. Sur cette place, des soirées étaient organisées et on pouvait entendre jouer le tango. Le restaurant « Le Panier fleuri » faisait jusqu'à quatre services le dimanche. Le jour, les gens jouaient à la pétanque. Il y avait une mission culturelle française qui a été fermée en 1959 ». Souvenirs d'enfance d'un ardent défenseur de la région, de ses atouts, de ses attraits. Nostalgie du charme passé de Benslimane qui tient son nom de son saint-Patron, Sidi M'Hamed Ben Slimane. Ce n'est pas tant le tango qu'on regrette, mais cet abandon de la ville pendant plus de quarante ans.

Publicité sur le Maroc par Google

Des projets attendus

Benslimane a d'abord souffert de son accès difficile. Des routes étroites qui deviennent dangereuses dès la nuit tombée. Elle a souffert aussi de son manque d'industrie. Deux grands projets devraient pallier en partie ces deux problèmes fondamentaux. Le dédoublement de la voie Moahmmedia-Benslimane, qui sera réalisé par le ministère de l'Équipement en partenariat avec la Région. La fin des travaux est prévue pour l'été 2006. Un autre projet, lié à l'accès de la ville, devrait être salutaire pour la région de Benslimane, celui né de la décision royale de transférer l'aéroport d'Anfa à Benslimane, sur l'ancienne base américaine. Le brouillard perturbant très rarement la visibilité dans le secteur, les atterrissages ne devraient pas connaître les mêmes déviations que ceux de Casablanca sur d'autres aéroports.
Une zone industrielle non polluante devrait voir le jour d'ici peu. « Elle s'étend sur 34 hectares dont la première tranche de 13 hectares est en fin de réalisation. Elle a pu bénéficier de subventions du ministère de l'Industrie et du Commerce, six millions de dirhams, et de la Région, environ deux millions de dirhams », précise Khalil Dehi, avant d'ajouter: « Des petits lots de 150 m sont prévus pour les activités artisanales, des lots de 500 m pour les activités industrielles. La deuxième tranche comprendra des lots de un hectare. L'aménageur, c'est OMRANE. Le prix de session titré se situe entre 120 et 130 dirhams le mètre carré d'un lot viabilisé ». À bon entendeur... Tous ces projets créeront de l'emploi. Une masse salariale distribuée a des retombées sur toute l'activité commerciale de la ville.

Un plan d'aménagement prévoit une zone touristique de 68 hectares. L'étude sera réalisée par le ministère du Tourisme. La ville exige un plan de mise à niveau, voirie, assainissement, espaces verts, réaménagement du parc central... Le souk, qui se déroule en plein centre de la ville une fois par semaine, contribue à la dégradation de la ville. Il est prévu de le déplacer prochainement à 7 kilomètres de Benslimane.