Le développement du mouvement touristique sur le Maroc s'est manifesté à un moment où l'équipement du pays se limitait à quelques établissements implantés dans les grandes villes (Rabat, Casablanca, Marrakech et Agadir) et destinés à une clientèle aisée.
C'est ainsi qu'au lendemain de l'Indépendance, la capacité d'hébergement était constituée, pour près de 80%, d'établissements de haut standing, dont l'implantation était due, dans sa quasi totalité, à l'initiative de promoteurs étrangers. A côté de ces établissements modernes, les hôtels pour voyageurs consistaient en gîtes d'étapes ou de petites unités hôtelières traditionnelles destinées à l'hébergement des nationaux.
La situation du parc hôtelier devait rester pratiquement inchangée jusqu'au début des années soixante.
La publication d'une loi régissant le crédit hôtelier en 1962, l'extension des dispositions du code des investissements à l'hôtellerie et, plus tard, la promulgation du code touristique de 1973 devaient inaugurer une politique de développement du tourisme. On peut juger de ses résultats au vu de la capacité d'accueil de 1985: 69.000 lits classés, contre 20.000 en 1967, soit une progression moyenne annuelle de 2.722 lits.
Par ailleurs, le pays compte une trentaine de terrains de camping d'une capacité supérieure à 11.000 emplacements, soit 25.000 places, et plus de 15.000 lits en hôtellerie traditionnelle (non classée).
Sur ce potentiel de l'ordre de 100.000 lits et places de camping, 40% sont exploités à plein durant toute l'année (Agadir, circuit des villes impériales et circuit du Grand Sud), le reste, soit 60%, enregistre un taux de fréquentation maximum pendant la haute saison, soit 3 à 4 mois par an et une relative diminution de ce taux pour le reste de l'année, selon les zones concernées.
Une nette reprise des investissements touristiques, dans le cadre des mesures d'encouragement promulguées en 1983, s'est traduite par un renforcement de l'infrastructure d'accueil. C'est ainsi que 23 projets, portant sur plus de 4.000 lits et entraînant une dépense de 612 millions de dirhams, ont été achevés dans le courant de l'année 1985. La relance du secteur s'est reflétée également par l'ampleur des réalisations en cours d'exécution, totalisant plus de 19.000 lits, et dont le coût global est estimé à 1,8 milliard de dirhams.
