Casablanca : ville polluée

Casablanca est une ville polluée. Très polluée. Telle est la conclusion de l'étude éco-épidémiologique « Casa-Airpol », réalisée en 1998/99 et présentée en décembre 2000 par le Ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'Environnement. Il ressort de cette étude que la pollution de l'air a atteint un seuil critique et que la santé des Casablancais est sérieusement menacée. À titre comparatif, les valeurs de fumées noires mesurées à Casablanca (33 mg/m3) se sont révélées supérieures d'environ 50 % à celles mesurées à Paris entre 1991 et 1995. Conséquence: une augmentation brute de 2 % de la mortalité, le même taux de consultations pour asthme chez les plus de 5 ans et 1,4 % des consultations pour bronchite chez les plus de 5 ans. Avec également une croissance de 6,1 % des consultations pour conjonctivites chez les plus de 5 ans, 2 % des consultations pour affections respiratoires hautes chez les moins de 5 ans et 6,8 % des consultations pour affections respiratoires basses chez les moins de 5 ans. Dans certaines situations où le niveau de pollution atteint son summum, on constate une hausse de 9 % de la mortalité brute, 6 % de consultations pour asthme chez les plus de 5 ans et 8,7 % de consultations pour bronchite chez les plus de 5 ans.
L'étude a mis en cause principalement la vétusté du parc automobile qui, au moment de l'étude, comptait quelque 570 000 véhicules avec une forte proportion de véhicules diesel.

D'autres études récentes, effectuées par le Laboratoire public d'essais et d'études sur la qualité de l'air ambiant sur le Grand Casablanca, ont démontré que la pollution atmosphérique était particulièrement importante, notamment sur le site d'Aïn Sebaâ, désormais considéré comme le quartier le plus pollué de la capitale économique.

Ces études ont notamment démontré que les principaux polluants étaient le dioxyde de soufre, l'ozone et les poussières. Au contact de l'humidité, le dioxyde de soufre peut devenir hautement toxique pour l'homme comme pour les monuments, puisqu'il se transforme en acide sulfurique.

Autres polluants mis en cause, les oxydes d'azote qui sont générés par les véhicules et le fameux ozone, principal responsable de l'effet de serre qui menace la planète et qui, en quantité importante, peut engendrer non seulement des troubles respiratoires, mais aussi des irritations oculaires et une altération pulmonaire.

Rabat n'est pas épargnée. Selon une étude menée sur la qualité de l'air à Rabat entre mai 1996 et avril 1997 par le Laboratoire national du Ministère de l'Environnement, il est apparu également que ces mêmes polluants avaient été décelés en quantité importante dans l'atmosphère de la capitale. Une fois encore, c'est le trafic routier qui est principalement mis en cause.

De 307 000 unités en 1970, le parc automobile national est passé à 950 000 unités. Une étude sur le vieillissement du parc automobile national donne les chiffres suivants : 74 % des véhicules ont plus de 10 ans, 18 % ont entre 5 et 10 ans et 8 % seulement ont moins de 5 ans. Pour combattre cette forme de pollution, des textes de lois et de décrets ont été élaborés et complétés par un décret relatif à la lutte contre la pollution par les gaz d'échappement des véhicules tandis qu'une autre législation est en cours d'élaboration pour réglementer les grands secteurs d'activités, notamment les cimenteries et les centrales thermiques.

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