Bâtie en cascade, sur un site exceptionnel de la côte casablancaise, cette maison, qui épouse quasiment l'océan Atlantique, a été pensée pour abriter en toute simplicité différents espaces qui concourent tous à apporter quiétude et apaisement. Visite guidée dans un lieu frais et enchanteur.
On ne soupçonne nullement, en franchissant ce mur couleur ocre et ce portail teint en vert, que l'on pénètre sans aucun doute dans l'une des maisons les plus atypiques de Casablanca. Nous sommes en effet sur la corniche casablancaise, 3 quelques centaines de mètres seulement de la Grande Mosquée Hassan II. Ici, nulle autre habitation à l'horizon. Nous sommes certes sur un front marin, mais c'est seulement de l'intérieur que le visiteur aura l'impression de toucher le large. La grande originalité de cette maison vient de là. Bâtie sur les rochers, presque en cascade, sur un emplacement que l'on croirait interdit de construction, cette propriété, située à trois minutes seulement du centre ville, jouit d'une vue imprenable sur l'océan Atlatique. Nous y accédons en amorçant un mouvement vers le bas comme si nous dégringolions une colline pour rejoindre le bord de mer. À travers des escaliers à l'allure clairement seventies, nous arrivons directement au centre de la maison. Avec, comme toile de fond, l'azur, un espace ouvert, qui se veut aussi un point de passage vers les extensions nord et sud de la maison.
Ici, la décoration est volontairement dépouillée. Pour cet environnement marin, il fallait privilégier simplicité et confort et donc miser sur des matériaux et des textures qui ne craignent pas le sel. Des meubles en rotin, des rideaux en toile avec de la corde en guise d'embrasses. L'animation de ce grand espace reste sans doute la cheminée située presque au milieu de la réception. Les tapis berbères constituent « the moroccan touch » de cet ensemble. Mais pour peu que vous décidiez de franchir la porte de droite pour découvrir l'extension nord de la maison, vous vous retrouvez d'emblée dans d'autres ambiances. Là, l'inspiration vient clairement d'Asie, plus précisément de Bali. Nous nous retrouvons dans « la pièce à méditer » de la maison selon les propos du maître des lieux lui-même. Une construction entièrement en bois. Un plafond en cèdre, un parquet en iroko et un mur revêtu de bambous venus d'Asie. Une atmosphère digne d'une destination exotique. Figurines, coffrets et frises sculptées en bois, lampes chinées ici et là, étoffes indiennes et pièces de mobilier exotique complètent le tableau. Mais ce qui fait de ce salon une pièce unique, c'est aussi ce flot de lumière exceptionnel qui traverse toute la journée les baies vitrées donnant sur le jardin, un autre lieu d'exception où le dépaysement est tout aussi garanti. Car ce jardin, pensé pour être verdoyant et exubérant toute l'année, n'est presque pas imaginable à une distance aussi proche de l'océan. « C'est au prix d'un système de rinçage qui permet de laver au quotidien la végétation qu'on réussit à maintenir le jardin vert malgré la proximité de la mer », explique Eric Verdaraine, le maître des lieux. Le résultat est époustouflant: plantes de régions arides et plantes venues d'Extrême-Orient font bon ménage. Et ce n'est pas tout! En empruntant de petits sentiers balisés par des cailloux, c'est un terrain de pétanque que nous découvrons tout à fait en haut du jardin, presque au-dessus de la cascade centrale, dont le bruissement des eaux, en cet après-midi d'automne, tranche avec le grondement de vagues. Pour une ambiance davantage marine, nous traverserons la maison pour rejoindre l'extension sud. Et là, autre dépaysement.
Cette fois-ci, nous avons l'impression d'être sur la terrasse d'une villa californienne où le bleu de la piscine se confond avec celui de l'océan. L'espace qui subsume l'ensemble est cette autre terrasse d'inspiration brésilienne qui longe toute la façade maritime de la maison. C'est à partir d'ici qu'Eric Verdaraine accède directement au bord de mer pour se baigner ou ramasser des oursins.
