Au Maroc, la chasse est un véritable phénomène social: elle concerne environ 50.000 personnes, réparties dans toutes les catégories socio professionnelles. Avec l'exode rural, ce sport est appelé à prendre de plus en plus d'importance, car la chasse constitue pour le citadin un moyen de fuir tous les maux de la vie moderne.
A cet aspect social, il faut ajouter l'impact économique de la chasse; il est loin d'être négligeable si on tient compte de la fabrication et du commerce des armes et des munitions, de la location des lots amodiés, des bénéfices tirés du tourisme cynégétique, de l'élevage du gibier et, enfin, de l'industrie de l'alimentation de ce gibier. D'autres activités annexes peuvent être prises en compte, comme les dépenses faites par les chasseurs pour nourrir et soigner leurs chiens chez le vétérinaire, leurs déplacements en voiture, les frais d'hôtels, ainsi que les sommes importantes déboursées pour l'obtention des permis et des licences de chasse.
La réglementation de la chasse est assez complexe et parfois même contraignante, vu le souci du législateur de permettre l'exercice de ce sport tout en assurant la pérennité du patrimoine cynégétique national.
Contrairement à d'autres pays, où le droit de chasse est attaché au droit de propriété, au Maroc, le droit de chasse appartient à l'Etat, qui peut en déléguer l'exercice sous certaines conditions.
L'acte de chasse consiste à rechercher, à capturer, ou à mettre à mort un animal vivant à l'état sauvage. Sont donc considérés comme actes de chasse tous les faits de capture ou de mise à mort d'un animal gibier.
Le gibier est défini comme un animal vivant à l'état de liberté naturelle, et n'appartenant à personne.
Il n'est pas susceptible de propriété tant qu'il n'a pas été capturé ou mis à mort.
Une fois mort, il appartient à celui qui l'a tué ou capturé.
Cette conception est d'ailleurs très ancienne puisqu'on la retrouve chez les Romains où l'exercice de la chasse, sport déjà très populaire, était libre. La faune sauvage était considérée comme "Res nullius", c'est à dire n'appartenant à personne, et par voie de conséquence, au premier qui s'en emparait.
La chasse est définie actuellement comme un "loisir" mais également comme sport et, comme tel, elle a ses règles et sa déontologie.
En réglementant la chasse et les conditions dans lesquelles il est permis de rechercher, de poursuivre et de capturer le gibier, on permet à celui ci de se défendre, de se reproduire et de s'accroître, assurant aussi sa pérennité pour les générations futures.
Ils revêtent un double aspect: des textes permanents et des textes annuels.
Les textes permanents ou textes de base fixent les grands principes de l'exercice de la chasse, définissent les conditions dans lesquelles sont délivrés les permis de chasse et les zones où la chasse est interdite. Ces textes de base sont: le dahir du 21 juillet 1923 sur la police de la chasse et l'arrêté du ministre de l'Agriculture n° 582 62 du 3 novembre 1962, qui porte réglementation permanente de la chasse.
Les textes annuels sont des arrêtés pris chaque année par le Ministre de l'Agriculture; ils précisent les mesures applicables pour la saison de chasse en cours.
Ces mesures sont en général proposées par les membres du Conseil supérieur de la chasse au cours d'une de ses réunions annuelles.
En effet, l'article 10 du dahir du 21juillet 1923 laisse au ministre le soin de prendre un arrêté annuel qui fixera les conditions dans lesquelles s'exercera la chasse pour une "saison de chasse". Par "saison de chasse", on entend la période comprise entre l'ouverture générale, en principe le dernier dimanche de septembre ou le premier dimanche d'octobre, et la fermeture générale, qui a lieu fin février ou début mars. C'est la raison pour laquelle on parle de saison de chasse 1988 1989 par exemple.
Les principaux points fixés par l'arrêté annuel du ministre de l'Agriculture sont:
les dates d'ouverture et de clôture de la chasse des diverses espèces de gibier, ainsi que les modes et conditions d'exercice de la chasse de chacune d'elles, Â
les espèces d'animaux chassées ou interdites à la chasse,
le quota,
le nombre de pièces qu'un chasseur peut prélever au cours d'une seule journée de chasse.
