De la montagne à la mer

La Province de Chefchaouen, c'est aussi un vaste domaine forestier qui s'étend sur 175 000 hectares. Des forêts encore denses et majestueuses sur les hauteurs, beaucoup plus clairsemées sur les bas-reliefs et le long des routes. On y apprécie toutefois la variété des essences qui la composent essentiellement le chêne-liège, le sapin, le cèdre et le pin maritime. L'Abies Maroccana, le sapin du Maroc, peut atteindre jusqu'à 50m de hauteur et son tronc peut mesurer 4 mètres de circonférence. Cet arbre typique du RU peut vivre deux siècles et demi car il a la faculté de se régénérer. A condition qu'on le protège de son principal prédateur: l'homme.

C'est que nous sommes ici dans l'une des régions rurales les plus peuplées du pays. Très souvent, d'ailleurs, dans ce dédale de crêtes et de minuscules vallées que sont les montagnes rifaines, on croisera des femmes à l'allure altière, la tête parée d'un chapeau de paille, les hanches cintrées de la fameuse « f outa » du Nord, rectangle de laine rouge rayée de blanc. Comme partout au Maroc, ce sont elles qui assument la corvée d'eau, soit deux à trois heures de marche à travers montagnes et forêts pour atteindre une source.

Ici et là, menant les troupeaux de chèvres, qui donnent le bon jben (homage) du Rif, les jeunes enfants sont en groupe, si jolis, les traits fins, parfois les cheveux blonds et les yeux très clairs.

A l'approche de Oued Laou, changement spectaculaire de paysage. Nous étions à près de 2000 mètres d'altitude et nous voilà, 20 km plus tard, face à une mer d'huile. Ancien petit village de pêcheurs, Oued Laou est parmi les sites balnéaires les plus proches de Chefchaouen, très prisé pour son sable fin, son eau cristalline et ses succulents fruits de mer

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