Moulay Abdesssalam Ben M'chich, figure illustre du mysticisme au Maroc et dans l'ensemble du monde musulman, est inhumé à quelques dizaines de kilomètres de Chefchaouen. Lors du moussem, des centaines de visiteurs, venus de toutes les régions du Maroc, convergent vers son mausolée.
Le moussem du saint-patron Moulay A'odessalam Ben M'chich (1140/1223), inhumé à Jbel Al Miam dans la tribu des Béni Aerousse (à 75 km de Chefchaouen), débute chaque année vers le début du mois de juillet. Moulay Abdessalam Ben Mchich est l'un des quatre <(pôles)) de l'Islam. II est l'initiateur de la doctrine chadilite et l'ascendant des Chorfas alamiyines. il est aussi considéré comme le protecteur des pays Jebalas. Son mausolée est un des lieux de pèlerinage les plus célèbres et les plus réputés du Maroc.
Piété et dévotion caractérisent ce moussem qui attire des centaines de visiteurs venant de toutes les régions du Royaume pour se recueillir dans le mausolée de cette figure emblématique du mysticisme au Maroc, afin d'obtenir sa baraka.
À quelques mètres du tombeau du saint, un grand bloc de roche coupé par une mince faille. Selon la légende, l'homme qui passe facilement à travers cette faille serait un « mardi al oualdine », c'est-à-dire qu'il aurait la bénédiction de ses parents. À l'inverse, celui qui ne parvient pas à passer ou passe difficilement serait un « maskhout al ou ou aldine », c'est-à-dire qu'il serait maudit par ses parents.
La cérémonie rituelle marquant le début de ce moussem se déroule traditionnellement en présence de hautes personnalités de l'Etat marocain et surtout du Palais, notamment le Chambellan de SM le Roi, M. Brahim Frej, et le gouverneur de la province de Larache, devant lesquelles un mot est prononcé par le doyen des Chorf as alamiyine, comme le veut la tradition. Le but de la commémoration du moussem du vénérable saint Moulay Abdessalam Ben M'chich est de célébrer les enseignements et le legs inestimables de ce Maître qui est l'un des socles de la spiritualité. Par la même occasion, sont exprimées les marques de fierté et de gratitude des Chori as alamniyine au Roi du Maroc qui ne cesse d'entourer leur ancêtre de sa haute sollicitude.
La célébration de ce moussem est donc l'occasion d'évoquer les enseignements des aïeux qui ont constitué, au fil des temps, une source inépuisable de quiétude et de croyance en les préceptes d'un islam tolérant et territorial.
Considéré comme l'une des figures emblématiques et illustres du mysticisme tant au Maroc que dans l'ensemble du monde musulman, Moulay Abdessalam Ben M'chich (mort assassiné en 1223) est aussi le père spirituel de la tarilca chadiliya fondée par son disciple Abou Al Hassan Chadili.
Le Maitre doit sa notoriété à une quête inlassable de la connaissance et de la sagesse, et son combat pour le rayonnement de l'islam. La singularité de son parcours, la profondeur de ses propos et la sincérité de sa dévotion, consignés dans la Salat Machichiya (prière selon la méthode machicbiya) ont très tôt attiré la curiosité des historiens et des chercheurs marocains et étrangers.
C'était un grand érudit et un grand soufi, écrit à son sujet l'ancien Cheikh d'Al Azhar Abdelhalim Mabmoud dans son ouvrage « Sidi Abdessalam Ben M'chich », ajoutant que sa position au Maroc était comparable à celle de l'imam Chafii en Egypte.
