VOYAGE MAROC

Hayachi al-Fassi, un continuateur

Hayachi al-Fassi, professeur de musique andalouse au Conservatoire de Chefchaouen, comme tous ceux qui pratiquent al-Ala, fait partie des personnes qui contribuent à faire du Maroc le défenseur et le continuateur de cette musique.

Hayachi n'est pas né au sein d'une famille de musiciens. Baignant malgré tout dans un environnement qui accorde une place fondamentale à la musique dans les événements qui rythment l'existence, naissance, mariage, fête, mort, Hayachi, attiré par le ud (luth) décide, à l'âge de 16 ans, de s'inscrire au conservatoire. Nous sommes en 1977, Hayachi abandonne les études et se consacre désormais à ce qui deviendra sa passion, la musique andalouse. Son instrument sera le violon. II acquiert un diplôme en solfège, un autre en musique andalouse et obtient sa huitième année de violon dassique arabe. II étudiera aux conservatoires de Rabat et de Tétouan. II enseigne le solfège et le violon. Quand Chefchaouen organise la première édition du Festival de musique andalouse en 1982, il n'est alors qu'étudiant. Aujourd'hui, cela va faire quatre ans qu'il est président de l'orchestre « Andalus », le groupe de musique andalouse de Chefchaouen. Comme tout musicien du répertoire traditionnel, Hayachi a ses maîtres qu'il vénère ou admire: Abdelkrim Raïs, Moulay Ahmed Loukili, Muhammed Ben L-Harbi Temsamani qui sont de véritables écoles de musique andalouse. Hayachi ne manque pas aussi de citer les figures de Chefchaouen, Si Mohamed M'Rini, Bokouma, S'Fiani, Harazem... Selon lui, il y aurait aussi une école chefchaounie de la musique andalouse:

 II y a des types de chants qui n'ont été préservés qu'à Chefchaouen, certains " sana'' sont propres à celle ville. Nous avons une façon de prononcer différente. II y a une originalité propre à Chefchaouen », précise-t-il.

Chefchaouen rassemble plus d'une vingtaine de mosquées et de zaouïas. Les confréries religieuses ont été souvent des lieux de refuge et de tolérance qui incitaient à la préservation et au développement du chant soufi. « Dans le Nord du Maroc, par exemple, les tarîqa (voies mystiques) font preuve d'un esprit d'ouverture. Elles tolèrent la pénétration des instruments de musique dans les lieux de cuite et encouragent leurs adeptes à la pratique musicale. L'une des confréries les plus célèbres est la zawya al-Harrâ qiyya, Son chef spirituel, sîdi Muhaimned al-Harrâq (mort en 1844), est né à Chefchaouen. Son arbre généalogique remonte à Mfflây 'Abd s-Salâm Ibn Mashî sh (mort en 1226), le grand pôle de l'Occident musulman et le maître du célèbre Abû 1-Hasan ass-Shâdilî (mort en 1256) », note Ornas Metioui dans son article « Histoire de la Musique arabo-andalouse ».

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