Les Rifains

Bien que surpeuplé aujourd'hui, le RU a d'abord été une grande zone d'émigration. Les Rifains ont d'abord migré vers les deux plaines fertiles qui le bordent, celle du Loukkos et de Tanger, puis celle de la Moulouya, près d'Oujda. Mais les villes du Nord, peu développées, n'étaient pas à même d'intégrer ce trop-plein de personnes en quête de travail qui venait s'y déverser. L'Espagne de la guerre civile, puis celle du franquisme d'après-querre, avait d'autres priorités que de développer ses petites colonies marocaines. Alors les Rifains sont allés ailleurs. Dès le début des années soixante, l'Europe, en pleine croissance, va accueillir cette massive main-d'oeuvre du Nord marocain. Près d'un tiers de nos compatriotes à l'Étranger sont ori es de la région.

Aujourd'hui, à cause notamment de la culture du cannabis, génératrice de revenus, le RU a plutôt tendance à retenir sa population. La mise au point, dans les années quatre-vingts, d'une technique de conservation, a fait du kif une source précieuse de revenus. Transformée en haschich, la manne du cannabis est encore plus juteuse, cette drogue dite douce se négociant à 500 dirhams le kilo. Du coup, les habitants du Rif ne pratiquent guère l'artisanat et ne produisent que les denrées nécessaires à leur consommation. Les gens qui émigraient jadis reviennent alors, et la région, notamment autour de Kettania, pullule de petits dealers locaux.

Publicité sur le Maroc par Google