Le cuir et la chaussure au Maroc

Le traitement des peaux locales et la transformation du cuir sont des activités traditionnelles au Maroc. Avant le Protectorat, l'artisanat du cuir était développé et localisé dans plusieurs centres urbains (Fès, Meknès, Tétouan...) qui traitaient des peaux et fournissaient le marché local en articles divers.
Les premières tanneries industrielles ont été implantées dans les années quarante. Elles exportaient une partie de la production du cuir en France et alimentaient les quelques unités de fabrication de chaussures qui se sont installées sur le territoire.
Après l'Indépendance, la protection du marché intérieur a favorisé la création de nouvelles manufactures industrielles pour couvrir la demande intérieure. Par ailleurs, suite à l'augmentation des coûts de production dans les pays développés, l'industrie du cuir a connu le transfert d'une partie de ses activités vers les pays où les frais de main d'oeuvre sont moins élevés, dont le Maroc; enfin, de nombreuses sociétés de commercialisation se sont efforcées de diversifier leur approvisionnement et se sont associées à des privés marocains. Tous ces facteurs conjugués ont fait que le secteur a enregistré une vigoureuse expansion, notamment depuis la marocanisation de la tannerie et de la maroquinerie.
Le secteur du cuir comprend trois grandes activités: la tannerie, la fabrication des articles chaussants, la fabrication d'articles divers en cuir.
La tannerie mégisserie industrielle regroupe une cinquantaine d'entreprises, principalement concentrées dans l'axe Casablanca Mohammedia. La plupart sont des unités de petite taille, spécialement équipées pour le travail des petites peaux (ovins, caprins). Quelques grandes et moyennes entreprises traitent aussi bien les grandes que les petites peaux. En dehors des unités qui appartiennent à un grand groupe industriel, la tannerie n'est pas rationnellement structurée. La tannerie livre les cuirs et les peaux les plus variées utilisées dans la fabrication d'articles élaborés destinés soit au marché local, soit à l'exportation.
C'est dans la fabrication de chaussures que se concentre la majorité des entreprises (108) et presque 60% de l'effectif employé. L'expansion de cette activité est due en grande partie à l'implantation d'unités produisant pour les marchés extérieurs.
Les activités de fabrication d'articles en cuir restent dans l'ensemble peu développées malgré la progression enregistrée ces dernières années.

Production du cuir au Maroc

La croissance de la production du secteur du cuir est très nette: 101,8 millions de dirhams en 1970 ; 888 millions de dirhams en 1983. Comme la transformation du cuir utilise, en partie, une matière première locale, la valeur ajoutée dégagée par le secteur est proportionnellement supérieure à la plupart des industries d'exportation. Activité de main d'œuvre, l'industrie du cuir employait, en 1983, un effectif de plus de 9.000 personnes. Mais la création d'emplois ne suit pas la croissance de la production, en raison d'une mécanisation accrue. Les exportations ont atteint une valeur de 531 millions de dirhams en 1984 (essentiellement chaussures et articles en cuir).
Les importations de cuir et de peaux demeurent limitées et concernent essentiellement les admissions temporaires.

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L’industrie du cuir au Maroc

Le développement des industries du cuir souffre de l'absence d'un plan d'orientation cohérent. Ainsi, la création d'entreprises de transformation des cuirs ne s'est elle pas accompagnée d'une augmentation de la capacité de tannage. Par ailleurs, la diminution du cheptel (pour cause de sécheresse) a engendré une raréfaction des peaux et le monopole exercé par quelques tanneries s'est répercuté sur les coûts de production, d'où un recours accru aux importations.
Le ramassage des peaux sur le marché local ne dépasse pas 30% des disponibilités: mauvaise dépouille des bêtes, mauvaise conservation des peaux, inefficacité des circuits de ramassage expliquent cette anomalie. Le recours à l'importation finit par faire disparaître l'avantage que représentait la présence d'une matière première locale à bon marché.
Un des autres atouts de cette branche, l'existence d'une main d'oeuvre expérimentée, est comprimé par la faiblesse de la productivité et les frais de transport.
Un des handicaps à la croissance des exportations est l'augmentation des prix du cuir et des produits chimiques de traitement. Cependant, la demande est en forte croissance, traduisant l'engouement du public pour la mode du cuir.
La rapide évolution des techniques dans cette industrie constitue une menace pour les entreprises qui tardent à se moderniser. Cette modernisation exige un personnel qualifié et une mobilisation de capitaux, conditions essentielles pour l'avenir de ce secteur.

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