Très attendue, la première édition du Festival International du Film de Marrakech est le fruit d'un ambitieux projet qui veut donner au Maroc, et à son cinéma, toutes ses chances. Tour d'horizon, avec Monsieur André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi, des atouts du Maroc, de ses traditions et de ses talents.
Rencotre avec Monsieur André Azoulay, Conseiller de sa Majesté le Roi :
Fès a son festival des Musiques Sacrées, Essaouira celui des Gnaouas et des Alizés, Marrakech celui des Arts Populaires. Marrakech, comme l'a souligné Monsieur Toscan du Plantier, est liée à une mythologie. Mais n'aurait-il pas fallu favoriser une autre ville qui ne bénéficie pas déjà d'un fort appel touristique?
Au-delà du choix de la ville de Marrakech, c'est avant tout le choix du Maroc. Il s'agit surtout du premier festival international de cinéma qui a lieu dans notre pays. Il est né d'une idée et d'un projet marocains. Ses objectifs sont les nôtres. Dans notre histoire récente, il y a eu bon nombre de manifestations autour de l'art ou de l'industrie cinématographique, mais c'est la première fois que le Maroc se met luimême en compétition, avec l'ambition de créer un festival ayant les mêmes exigences et la même rigueur que les
Wds festivals du monde, à savoir Cannes, Venise, Berlin, ne citer que ceux-là. En d'autres termes, nous avons de jouer dans la « cour des grands ». Cela peut èmbler immodeste, voire irréaliste, mais en tout état de cause, ce projet est à :,présent une réalité. En outre, notre mbition n'est pas due au seul hasard. Le cinéma et le Maroc ont une longue histoire commune. Le Maroc, faut-il e rappeler, est venu au cinéma en même temps que le a est venu au monde. Il existe des archives très long et riche compagnonnage atographique. Lequel companti au cours des dernières
« Le Festival s’inscrit dans une stratégie globale de développement de l’industrie du cinéma au Maroc »
décennies. Il n'y a donc aucun artifice à vouloir associer le Maroc au cinéma. La liste est longue des grands réalisateurs dont le regard a été accroché par la lumière du royaume et par l'extraordinaire ingéniosité de ses artisans. Car le cinéma, comme chacun sait, ce n'est pas seulement des acteurs et des décors naturels, c'est également toute cette industrie qui englobe les costumes, les accessoires, les décors, soit autant d'activités annexes pour lesquelles le Maroc a toujours su bien faire, voire mieux faire que bon nombre de ses compétiteurs. L'idée de créer chez nous un grand festival international de cinéma n'est pas fortuite. Il y a, dans la genèse de ce projet, une véritable réflexion et une réelle légitimité comme en témoigne la renaissance, ces dernières années, de l'industrie du cinéma au Maroc, passant de quelques millions de chiffre d'affaires à un volume d'opérations qui dépasse deux cents millions de dollars par an. Il s'agit là d'une réalité économique et professionnelle qu'il nous faut capitaliser, compte tenu aussi de l'énorme potentiel marocain en matière de cinéma. Enfin, il faut aussi compter avec la renaissance du cinéma marocain qui a connu, ces dix dernières années, une nette accélération qualitative et quantitative avec l'émergence d'une nouvelle génération de cinéastes et d'acteurs de talent.
C'est donc la ville de Marrakech qui a été choisie?
Marrakech est un mythe, bien qu'il y en ait d'autres. Je pense notamment à Tanger ou à Essaouira qui a une longue histoire avec le cinéma, puisqu'elle a été le théâtre du tournage du film « Othello », le seul film tourné au Maroc qui ait reçu la Palme d'or au Festival de Cannes, en 1952. Pour la petite histoire, bien que cela ait eu lieu pendant la période du Protectorat, c'est le drapeau marocain qui a été hissé au mât et c'est l'hymne national marocain qui a été joué lors de la cérémonie (Orson Welles y avait tenu), inoubliable prélude à l'Indépendance du Royaume. Comme beaucoup d'enfants d'Essaouira, qui avions eu des rôles de figuration dans le film, le séjour d'Orson Welles au Maroc nous a profondément marqué. Et c'est Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui en 1992, alors Prince Héritier, a inauguré le Square Orson Welles à Essaouira.
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