VOYAGE MAROC

Histoire du Maroc :

1890, décès du sultan Moulay Hassan 1er dont lé règne s'est caractérisé par des conquêtes et une certaine prospérité économique. 1900, le régent Ba Ahmad rend l'âme. C'est alors que les manœuvres coloniales reprennent de plus belle au Maroc qui entre sans le vouloir ni le savoir dans la modernité.

La France, en premier, occupa et intégra d'immenses terres marocaines dans son département de l'Algérie française entre 1902 et 1904. Le 31 mars 1905 Guillaume Il débarque à Tanger pour quelques heures et dénonce, après un entretien avec l'oncle du sultan, les visées françaises et espagnoles sur le Maroc, ce qui provoque une crise diplomatique.
Le 4 mai 1911, le sultan Moulay Hafid, sous la contrainte, signe une lettre demandant l'appui de la France.
Les Français occupent aussitôt Fès, Mekhnès et Rabat. Le 1er juillet 1911, le Kaiser Guillaume II, excédé par l'attitude de la France, envoie le croiseur Panther à Agadir, officiellement, pour protéger les intérêts des Allemands dans le Souss. On frise la confrontation armée entre les deux pays. Le 4 novembre 1911, appuyée par la Grande-Bretagne, la France accorde à l'Allemagne des compensations territoriales en Afrique Équatoriale et en contrepartie celle-ci reconnaît le protectorat de la France sur le Maroc, signé officiellement le 30 mars 1912 par le sultan Moulay Hafid cerné dans son palais par 5 000 soldats français.
16 mai 1912, le général Lyautey entre à Rabat. Et jusqu'en 1925, il accomplit son oeuvre de transformation du Maroc en veillant à ce que l'art et l'architecture s'inspirent de la culture musulmane.

Le général Noguès, proche de Vichy

Le 27 juillet 1934, Lyautey, rattrapé par la mort en France, sera immédiatement remplacé par le général Noguès, proche de Vichy. Le défunt sera enseveli à Rabat et en 1961, sa dépouille sera rapatriée à Paris pour être déposée aux Invalides. Au cœur de Casablanca, qu'il a construite, une colossale statue équestre de bronze lui sera élevée in memoriam. « Comme pour les anciennes places royales, l'ordonnancement de la Place de la Victoire met en harmonie les axes et les monuments. Les architectures s'inspirent de l'art islamique transfiguré par une vision résolument moderne. Les façades monumentales et les axes de la place convergeaient vers la statue équestre du Maréchal Lyautey. Une nuit de novembre 1955, à l'issue des accords de La Celle-Saint-Cloud, la statue est déplacée de quelques centaines de mètres et entre dans le jardin de l'Hôtel du commandement militaire devenu, depuis 1959, le Consulat général de France *. Le piédestal porte des citations bilingues et sept reliefs de bronze historiés illustrent les points forts de l'idéologie et de l'action du proconsul du Maroc.
Chacun de ces reliefs comporte deux registres de taille inégale. Un grand motif occupe la partie basse de chaque panneau tandis qu'une petite représentation complète le thème général. La face orientée vers la mer évoque l'apport de la France: le port, la ville, les transports et la santé. Celle orientée vers la terre représente les activités traditionnelles des Marocains. Des hommes et des femmes aux amples vêtements, des uniformes militaires contrastent avec la nudité des enfants potelés, sorte de putti mauresques », écrit par Jean-Luc Pierre, résident à Casablanca".

Deux Lyautey...

En fait, « il y eut deux Lyautey: celui d'avant 1907, le guerrier pacificateur et celui d'après 1912, le visionnaire bâtisseur », explique un connaisseur de l'histoire marocofrançaise. « Animée d'une idéologie à la fois conservatrice et humaniste, l’œuvre marocaine de Lyautey vise à pacifier et à restaurer le Maroc traditionnel dans le strict respect du régime du protectorat qu'il définit comme un régime non pas transitoire, mais définitif, qui a comme caractéristique essentielle l'association et la coopération étroites de la race autochtone et de la race protectrice dans le respect mutuel, dans la sauvegarde scrupuleuse des institutions traditionnelles ». D'ailleurs, en août 1907, au moment où la marine française bombarde Casablanca, le général Lyautey, alors commandant de la division d'Oran, pacifie les confins algéro-marocains et occupe Oujda.

Un jour de l'année 1938

« Il était ensoleillé ce jour-là de l'année 1938, je me rappelle la date car une année plus tard éclatait la Deuxième Guerre mondiale. J'avais à peine dix ans. II y avait beaucoup de monde à la place de la Victoire, dite serbices manicibaux*** (actuelle Place Mohammed V), des hommes, des femmes, des enfants, des civils, des militaires, des pompiers du centre Poggi. J'étais le seul enfant marocain à pouvoir m'approcher pour contempler ce curieux spectacle. Ma chance, je la devais à mes amitiés avec des soldats d'une caserne du quartier du Maârif pour lesquels je faisais de temps à autre quelques courses spéciales: ils me confiaient discrètement un sac de cuir que je remplissais de bouteilles du vin rouge local Beni Iznassen que j'achetais dans une épicerie voisine contre quelques francs.

Menu

Publicité sur le Maroc par Google

Des articles complémentaires à consulter :