Les ondes positives du Taros :

Goûter cet état rare : l'enchantement. Il vous saisit, aussitôt franchi le seuil de cette maison d'Essaouira du XVIIIe siècle qui nourrit en son flanc aquatique le souvenir de riches marchands au temps où la ville était un lieu prospère. Belle demeure qui, plus qu'une maison, est un lieu chargé « d'ondes positives » et où tout concourt à renforcer l'effet indéfinissable et magique : musiques, livres, objets, lumières, carrelages, faïences. Halte et havre, depuis trois ans, pour les voyageurs et les passants curieux, pour tous ceux mus par un certain désir. « On ne vient pas là par hasard. Une porte et un escalier en font un lieu préservé, un lieu qu'il faut chercher, vouloir. Le Taros est à la fois un lieu ouvert à tous, accessible, mais aussi protégé », confie Alain-Claude Kerrien. Ce finistérien aime à dire le bouleversement ressenti à la découverte d'Essaouira : « je considère Essaouira comme une princesse endormie. J'en suis tombé amoureux. J'ai été troublé, séduit par ce petit port de pêche qui ressemble à ceux de ma Bretagne... ». Et pour que la légende s'écrive, Kerrien va à la rencontre de son rêve : une maison qu'il visite sans aucune intention d'acheter mais qui changera les cartes de son destin. « J'avais l'impression d'avoir déjà vécu dans cette demeure. La propriétaire, qui cherchait depuis longtemps à vendre et qui ajournait sans cesse, me reconnut immédiatement comme son successeur dans les lieux. C'est une histoire mystique. Un appel ». Alain-Claude Kerrien, architecte et décorateur renommé de salles de concerts et discothèques transforme alors la maison en Café littéraire. Et, comme pour définitivement conjurer toute influence néfaste, il le nomme Taros, un nom berbère qui servait auparavant à désigner un vent fort mais bénéfique pour les marins qui prenaient la mer. « J'ai tout de suite ressenti l'évidence d'un endroit littéraire. Je souhaitais en faire un lieu comme j'aimais moi-même en trouver, quand le soir tombait et que je souhaitais me retirer dans un endroit à la fois convivial et secret ». Un endroit convivial où l'on peut écouter une musique choisie par son fils, attentif aux humeurs du temps, aux ambiances, aux rencontres, aux instants, parmi les mille cinq cents disques d'une collection riche et variée. Un endroit retiré où compulser l'un des beaux livres sur le Maroc qui nourrit la curiosité du voyageur, l'incite à découvrir plus encore le Maroc. Invitation à l'évasion, à la méditation, le Taros lance un appel à tous les artistes, les écrivains, les poètes, les musiciens, les peintres, d'ici et d'ailleurs, à créer des actions ponctuelles pour donner un long, profond et vibrant écho à l'enchantement.

Miloudi, peintre souiri

« Chaque toile répond à une vision ordonnée, organisée selon le jeu maîtrisé des signes-symboles constitutifs de l'écriture propre à Hussein, originalement sienne et qu'il ne cesse d'enrichir. Signes-symboles, abstraits, géométriques, lignes droites brisées, points, losanges, triangles, abstraits, concrets, figuratifs, mains marquées au creux de la paume par un oeil, soleil-œil, œufsoleil irradiant de flammes, porteurs de fécondité, formes aux limites indécises entre l'esquisse et la représentation stylisée de monstres marins, terrestres, de silhouettes humaines, animales, embryonnaires, traces végétales, minérales, organiques soulignées par la couleur; si l'on voulait établir le répertoire de tous ces signes-symboles, cela donnerait le vertige au premier coup d'œil. Le vertige libérateur, la transe, la voie de passage à la découverte, à l'exploration d'un monde autre »

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