C'est carrément un voyage hors du temps qui caractèrise Fes. Ca grouille de partout dans la Medina et la partie construite début 1900 de Fes est pleine de charme, mais tout semble remonter à une autre époque dans l'ensemble de la ville.
L'ancienne cité impériale de Fes est un vrai choc culturel pour le voyageur. Les palais sont merveilleux et la ville nouvelle construite par les français au début du siècle sont ravissants, mais c'est un coeur de la Medina que l'action se passe. On ne peut qu'apprécier avec étonnement cette activité florrissante dans un décor d'un autre âge. Une visite ne suffira pas à voir tous les charmes de Fes.
Mais revenons à Fès. Elle aussi ne déroge pas à la règle. Lorsque le vizir Umayyar atteignit la fertile plaine du Saïss, il arrêta son cheval, fit ses ablutions et accomplit la prière de midi. L'endroit lui paraît propice. Mais l'homme de pouvoir va prendre l'avis d'un homme spirituel, l'imâm Idriss qui confirme son intuition et pose les premières fondations de la cité en 789. Certes, l'histoire reconnaîtra à son fils Idriss II al Azhar, le véritable rayonnement de Fès.
Ce dernier qui fonde sa capitale impériale d'abord sur la rive droite de l'oued Fès en l'an 808, y édifie concomitamment la mosquée A1 Sheikh et un an plus tard, il fait de même sur la rive gauche avec la mosquée A1 Ashrâf.
Mais au fil des ans la « cité des deux rives » va continuer à attirer, voire assimiler plusieurs groupes étrangers. Qu'il s'agisse de la population d'origine arabe traditionnellement basée sur la rive gauche, de celle d'ascendance berbère vivant plutôt sur la rive droite, des huit mille familles exilées de Cordoue en 817 qui feront que la rive droite sera appelée rive des andalous, des milliers de kairouanais qui pareillement transformeront la rive gauche en rive des Kairouanais, ou bien des juifs convertis à l'islam, tous partagent la même fierté d'appartenir à une même ville, un même territoire. C'est sans doute ce sentiment que les habitants ont en partage, qui va procurer une osmose et par conséquent une harmonie. Et là encore, ce sont des réalités spirituelles et des us et coutumes emplis de la générosité d'âme musulmane, qui confèrent à la ville son cachet et font que chaque habitant est fier d'être Fassi.

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