Orange du Maroc : label de qualité

Non seulement le Maroc produit des oranges de très bonne qualité particulièrement au niveau biologique, mais les prix de gros comme au détail y sont parmi les plus bas du monde. En revanche, le jus d'orange emballé est très cher car le conditionnement utilisé (le tetra brik aseptisé) a un coût élevé, comme le verre et le plastique. Lorsqu'on achète un litre de pur jus d'orange en pack (direct ou reconstitué) en moyenne à 11 DH, le prix réel du contenu usiné ne dépasse guère la moitié. Et pour réduire les coûts afin de se préparer à la terrible concurrence extérieure qui s'annonce, on semble se diriger vers la mauvaise solution : augmenter la production, une course vers la productivité que seules les sécheresses intermittentes arrivent encore à contenir. La productivité dictée aux agriculteurs par les donneurs d'ordres que sont les industriels et les importateurs signifie la disparition à terme du légendaire « label Maroc » qui est devenu l'un des attributs agraires du Royaume et qui est symbolisé par la fameuse étiquette losangique. Les oranges seront de plus en plus traitées chimiquement et génétiquement et ressembleront à ces jolis fruits parfaitement ronds et d'une texture éclatante qu'on dirait métalliques. Or les variétés d'orange véritablement du terroir, qu'il s'agisse des navels, des salustiana, des tangerines, des maltaises, des mandarines, des sanguines, etc, sont caractérisées par leurs peaux naturelles, généralement piquetées d'impuretés anodines. Outre cette caractéristique, les navels ont coutume de garder leurs feuilles.

La saison des oranges s'étale d'octobre à juin. Elle débute par les mandarines et les clémentines vers la mi-octobre. Début novembre, arrivent les navelinas, suivies en décembre par les navels. Cette année, la récolte est médiocre et les variétés mises sur le marché, et vendues en moyenne à 3,50 DH au détail, sont pauvres en jus et un peu amères. Début mars, arrivent les navels late (navel m'zzouzi), et ainsi de suite jusqu'au mois de juin. Mais les producteurs marocains, pressés par les contraintes du marché européen qui est donné à celui qui se lève tôt et par la concurrence espagnole qui produit des oranges moins chères, ne respectent plus ce calendrier des récoltes.

Variétés d'orange

Il existe plusieurs variétés d'orange, autant que le marché de l'Union européenne, principal débouché des exportations marocaines, le réclame. On a de l'ortanique, jolie et très odorante, de la nour, savoureuse, de la salustiana, etc.

Autre pépin qui risque de détruire le « label Maroc » : le génie génétique. Des oranges OGM sans aucun pépin et bourrées de jus, ça existe depuis des années, elles sont succulentes. Mais sait-on ce qu'on mange?

Les variétés d'orange préférées des Marocains sont incontestablement les mandarines et les navels qui se caractérisent par une petite excroissance (navel signifie ombilic en anglais) sur leur peau assez épaisse. Leur chair presque dépourvue de pépins en fait des fruits de bouche par excellence. Au Maroc, la cuisine à l'orange se pratique, mais elle n'est pas du terroir. On cite le fameux poulet à l'orange et aux amandes. Cependant, le ma zhar (eau de fleur d'oranger) s'emploie largement en pâtisserie, en particulier pour parfumer les cornes de gazelle. Pour confectionner marmelades et autres confitures, on utilise de préférence des oranges amères pour éviter une sur-saccharimie.

Les Marocains aiment le jus d'orange fait maison avec sa pulpe naturelle et quand ils l'achètent dans les commerces spécialisés, ils exigent que les fruits soient épluchés devant eux. Ils le boivent seul, souvent en y ajoutant beaucoup de sucre et aussi en le mélangeant avec d'autres fruits. Soigneusement épluchées et coupées transversalement en rondelles et saupoudrées de sucre glacé et de cannelle, les maltaises et les navels font partie des desserts rafraîchissants prisés au Maroc.

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Le Maroc produit un million de tonnes d'oranges par an

Le Royaume produit l'une des meilleures variétés d'orange au monde. Mais la course à la productivité risque de banaliser le légendaire label Maroc.

Si, en termes de quantité, le Maroc se situe derrière les grands producteurs d'orange que sont le Brésil, les États-Unis, la Chine, avec respectivement
19 700 000, 15 748 000 et 10 787 000 tonnes produites en 1999-2000, le Royaume n'a pas à rougir: il est dépositaire de l'une des meilleures qualités du monde. Mis à part les années de grande sécheresse marquées par de fortes régressions des récoltes, le Maroc produit grosso modo un million de tonnes d'oranges par an (dont près du tiers est exporté) et occupe ainsi le 13e rang mondial. Fruit de l'oranger, arbre du groupe des agrumes, à feuilles persistantes, du genre citrus, cultivé dans les régions chaudes (famille des rutacées), l'orange est un fruit chargé de mythes. Né en Chine, d'où le nom de « mandarine », ce fruit a fait le tour du monde, de l'Orient vers l'Occident, en atterrissant probablement à mi-chemin en Afrique du Nord. On pense que ce sont les Arabes qui l'ont introduit au Maroc, mais on soupçonne qu'il est antérieur au VIIe siècle. Premier indice : les Marocains appellent l'orange soit « lemone », soit « letchine » ou « late chine' » mais rarement « bourtoukal », le véritable nom arabe du fruit. Deuxième indice : lemon signifie citron en anglais. Et l'on sait que l'orange nous vient en droite ligne du cédrat qui est une sorte de gros citron, à la peau épaisse et au goût amer, sacré pour les premiers Juifs et qu'on employait alors en confiserie, en médecine et en parfumerie. Le cédrat est très ancien en terre africaine puisqu'il était un motif décoratif de certaines mosaïques d'époque romaine mises au jour dans des synagogues de Tunisie. Le travail des arboriculteurs a permis de créer ce fruit ardent et juteux, parfumé, à la saveur douce, sucrée ou légèrement acidulée dont on savoure les quartiers à pleines dents ou tout simplement sous forme de jus.

Le plein de vitamines

Très riche en vitamine C et autres vertus médicinales et culinaires, « la reine des agrumes » a beaucoup apporté à la parfumerie et à la peinture dont elle est, avec la pomme, l'élément clef des natures mortes.
Une orange contient 47 kcal pour 100 g de jus frais, soit environ la moitié de la teneur d'un citron. De même, elle recèle environ 50 mg de vitamine C pour 100 g. La consommation d'un fruit par jour suffit à couvrir 80 % des besoins de l'organisme en vitamine C.
L'orange est également riche en vitamine A, en carotène favorisant la croissance et la vision crépusculaire, en vitamine B (1, 2 et 6), en calcium et potassium. Pauvre en sodium, l'orange naturelle est le dessert idéal pour les personnes soumises à un régime hyposodé.

Mais attention, contrairement à une idée reçue, il est déconseillé de boire du jus d'orange à jeun. D'une part, parce que l'acidité risque de provoquer des douleurs gastriques chez les personnes sensibles. D'autre part, car la richesse vitaminique et minérale du liquide peut se comporter en coupe-faim surtout chez les enfants qui doivent absolument prendre les autres aliments du petit-déjeuner. Cela est lié à l'assimilation du sucre. Le fructose (le glucide fruitier) a tendance à s'assimiler trop vite dans l'organisme, il est donc préférable d'ingérer le fruit ou le jus après avoir absorbé les sucres lents contenus dans les céréales ou le pain. Il est également déconseillé de manger une orange avant d'aller se coucher : son rôle d'excitant, dû à la vitamine C, peut provoquer des insomnies. En tout cas, il faut savoir que tous les jus d'orange dont regorgent les étalages des commerces ne sont pas des purs jus. La plupart sont mélangés. L'appellation « nectar » signifie que le liquide ne contient qu'une partie minoritaire du pur jus d'orange. Les autres ingrédients peuvent être le sucre industriel, les colorants et d'autres conservateurs comme l'acide citrique, composants pouvant également accompagner les purs jus d'orange.