« Dar Zenagua » ouvre sa porte sur un jardin avec trois pavillons thématiques. Matériaux et formes de l'artisanat marocain, mais aussi formes se référant à d'autres cultures marquent la décoration. Tout est là pour proposer un séjour convivial, gourmand, paresseux, heureux. Les hôtes ont voulu, qu'en ce lieu, on soit à la fois ailleurs et comme chez soi.
À huit kilomètres de Marrakech, laissant l'agitation et la frénésie de la ville derrière soi, on aboutit, au-delà d'une belle porte noire sculptée de signes berbères, à un lieu où vie quotidienne et détente sont en osmose dans un cadre paisible. Des roses à profusion à l'entrée enchantent le chemin vers un bel ensemble de trois pavillons qui bénéficient de la fraîcheur d'une piscine. D'emblée se révèle l'inspiration qui a sous-tendu sa construction. À l'instigation du propriétaire, Amar Mohamed, l'architecte, Assermouh Ahmed, a cultivé l'esprit des habitations du sud marocain, couleurs et signes de la culture berbère. Si ces derniers évoquent les ksours, l'agencement des pièces s'en éloigne. Ici, pour le bien-être des hôtes, deux idées ont été privilégiées, l'ouverture et la discrétion, l'intimité et la proximité. Une piscine de zellige vert rappelant les faïences des tuiles du Maroc, une grande terrasse et un salon restaurant sont les espaces où les hôtes peuvent se retrouver s'ils en éprouvent le désir. Ils peuvent aussi choisir de rester en retrait dans leur chambre. « Nous avons la sensation d'intimité et l'impression que la propriété est à nous. On peut aller où l'on veut, déjeuner où l'on souhaite », confie un couple de jeunes retraités parisiens qui en est à son sixième séjour à Dar Zenagua. « Nous revenons tous les mois et y demeurons une semaine. Nous choisissons toujours la même suite, la « japonisante ».
Dès les murs bâtis, c'est à un voisin et ami à Marrakech, Toufik Belaffari, architecte d'intérieur, désigner et décorateur, qu'a été confiée la tâche de tout concevoir. Conception, choix et création. Du calepinage des sols au revêtement des murs, de l'ameublement au choix des tissus, des objets et des accessoires qui ornent tables et consoles. Toufik n'est pas seulement à l'écoute. Il interprète et réalise les rêves de ceux qui font appel à ses multiples talents. Tout en proposant sa griffe, Toufik Belaffari, en véritable maître d’œuvre, compose un environnement dans lequel le client reconnaît son rêve. Trois suites déclinent thèmes et couleurs. Trois univers avec quelques référents à d'autres cultures, d'autres civilisations. Bleu turquoise dominant pour un éveil indien, chocolat pour une sieste africaine, quand la chaleur invite à se retirer dans la pénombre, rouge pour un retrait méditatif. L'ensemble peut partir d'un détail. « Dans cette suite, c'est le tableau qui m'a amené à imaginer tout le décor », précise Toufik. Une Indienne drapée dans un sari couleur turquoise, une longue tresse qui tombe sur le dos, des fleurs roses dans les cheveux, c'est le tableau de l'artiste Mennane, un des trois peintres avec qui collabore Toufik. À partir de là peut se rêver une chambre « bollywoodienne ». Lit à baldaquin drapé d'une bordure, méridienne ornée de coussins, passementerie, vases, statuettes... renvoient à la scène colorée du tableau. L'échappée africaine nous plonge dans les couleurs terre et savane, café et ivoire. Rideaux, couvre-lits beiges, meubles en bois sombre sculpté, bougeoirs, cheminée en zellige vert... Des tableaux de Tapiro de Tanger ou d'Alexandre Auguste Hirsh, hommage à la beauté noire, avivent l'harmonie subtile des teintes. C'est le rouge qui anime la palette chromatique gris et noir d'une retraite sans austérité dans la suite asiatique. Tables de nuits incrustées de maillechort, console et abatjour en forme de pagodes, luminaires en maillechort et tadelakt excisé pour y inscrire en japonais les mots feu, vent, terre, air.
Les rampes en bois séparant la chambre surélevée sont reprises comme un leitmotiv dans les trois suites. À partir de quelques éléments symboliques d'une culture, d'une couleur ou d'un motif, Belaffari parvient à créer des chambres à thèmes sans sacrifier l'artisanat marocain revisité par lui. Les matériaux, cuivre, bois de cèdre, maillechort, en sont la base.
« Dar Zenagua », c'est avant tout l'accueil chaleureux de ses hôtes, Mohamed Amar et son épouse Amale Ammari. C'est à Marrakech que Amar, originaire de Figuig, mais ayant vécu en Belgique, décide de réaliser deux de ses rêves. Le premier, déjà concrétisé, était d'ouvrir une maison d'hôtes qui portera le nom du village de son père et où il perpétuera la tradition de l'hospitalité qu'il a toujours vécue au sein de sa famille. « Pas un jour où nous ne recevions des amis, de la famille. Je ne sais pas ce que c'est qu'une maison vide », raconte Amar. « Dar Zenagua » est ouvert depuis mars 2006. Le second est de régaler ses compatriotes d'un savoir-faire belge, le chocolat. Une unité de production, sous licence belge, de chocolat artisanal, devrait voir le jour à Tameslot avant fin 2007. Nos deux hôtes, dans une symbiose remarquable, reçoivent avec chaleur et discrétion. Attentifs aux désirs de ceux qui séjournent chez eux, ils y répondent avec justesse et sans protocole. « Être ailleurs et comme chez soi, c'est ce que nous proposons ». Grâce à leur générosité, Mohamed et Amale fidélisent leurs clients. Ouverts depuis peu, ils n'en ont pas moins accueilli plusieurs fois les mêmes hôtes. « Nous avons une clientèle très sympathique avec qui, à sa demande, nous partageons en toute simplicité certains repas. Il me semble recevoir des amis », déclare avec enthousiasme Amale. La cuisine marocaine, poulet aux oignons et aux raisins ou tagine aux pruneaux, est confectionnée dans les règles de l'art par la cuisinière Khachida. Sur la terrasse, ou au bord de la piscine, à l'heure du thé offert par la maison, la vie s'écoule paisiblement, en harmonie avec le jardin environnant.
