Riad Noir Ivoire

Le Riad Noir Ivoire témoigne d'un raffinement sans faille où l'on voit que le sens esthétique des intervenants, le choix des objets, la qualité des matériaux signent un Décor d'une élégance parfaite. Jill et jeanMichel en sont les maîtres d'oeuvre. Ce riad, au coeur de la médina de Marrakech, est à la fois leur lieu de vie et un lieu d'accueil.

À la tombée du jour, l'impression est sans conteste la plus forte. Non loin de la mosquée Bab Doukkala, après avoir emprunté quelques ruelles sinueuses, on arrive à une porte magnifiquement sculptée, seul signe extérieur de la beauté de la demeure. Mais la surprise n'en est pas moins entière. L'ouverture ne se fait pas seulement sur le décor d'un vestibule, mais sur un jeu de lumière, de reflets et d'ombres filtrant à travers des luminaires en maillechort ciselé et ajouré. À peine est-on revenu de cet émerveillement soudain, la cour de la beauté du Riad Noir Ivoire se dévoile. L'architecture et la décoration y sont un modèle d'élégance. Sans s'éloigner de l'authenticité du lieu, respectant la pureté des lignes et des volumes, conservant la tradition de l'utilisation de certains matériaux nobles comme le marbre ou le bejmat, Noir Ivoire se caractérise par son style épuré. Point de zellige, peu de stuc - sauf, parfois, une frise patinée - ne viennent appesantir les murs et la décoration réduite au choix de splendides objets. Le Riad Noir Ivoire est né de deux « dars » (maisons) que les anciens propriétaires avaient démolies et reconstruites. La base étant là, Jill et Jean-Michel l'ont transformée. Marrakech ne peut s'imaginer que sous un ciel bleu, ce n'est pas seulement le soleil qui a décidé de l'installation du couple dans la ville du Sud. Jean-Michel n'en était pas à son premier voyage. Sa marraine, institutrice à Fès, l'invitait à passer ses vacances d'hiver au Maroc. Mais c'est seulement en 2004 que Jill et Jean-Michel y viennent ensemble. Alors qu'ils projetaient d'acheter une maison en France, ils se laissent happer par le charme de la ville. Mais plus encore. Jill est décoratrice, Jean-Michel designer dans la parfumerie, la cosmétologie et les spiritueux. À nouveau Marrakech se révèle être une ville non seulement inspiratrice, mais qui permet de créer et de réaliser par la réduction des coûts et le savoir-faire des artisans. Plaisir de créer, plaisir de chiner, plaisir de recevoir: « Faire les choses par plaisir, s'en don ner et en donner aux autres », commence par dire Jill. Son plaisir s'étend aussi à la découverture d'une culture, d'un mode de vie, d'une langue. Plaisir partagée par sa fille, Amy, toute juste bachelière, qui a pris une année sabbatique pour vivre au Maroc avant d'entreprendre ses études d'arabe à Paris. Sous l'éclairage des plafonniers, des lampes et des bougies, le riad est entièrement dévolu à la lumière qui habille murs et objets de complexes dessins, les enveloppe, les fait vibrer, leur donne une profondeur. Jeux savamment mesurés. De jour, la couleur brun rosé des murs prend une autre teinte. L'ambiance du riad change. La qualité du calme semble légèrement différer. Le riad distribue ses espaces autour d'un bassin d'eau où se reflète un immense lustre sur poulie. Il se plaît à recevoir dans un lounge aux meubles de bois sombres réalisés par Patrick Hyvert. Les tissus sont faits main par Marion Verdier. Banquettes recouvertes d'un jacquard, avec des lamelles fines de cuir et une base de coton, et de coussins au tissu effet papillon réalisé avec de la popeline découpée en lamelles. Dans les mêmes tons, l'espace restaurant permet de contempler une fontaine réalisée avec des carreaux grattés. De ce côté-ci, forme douce de la courbe des banquettes dessinées par Jill et jeanMichel. Objets glanés au hasard de la chine, Jill met en valeur dans de grands cadres en cuir des éléments de l'artisanat marocain. Dans une niche, un cheval chiné en Inde. Des nattes sahariennes de Mauritanie au tressage extrêmement fin de cuir de chameau et de cordes de palmier recouvrent le sol. Le salon a été ramené de France. Un « Blackamoor » qui ne se départit pas de son sourire, une collection de carafes en verre dessinées par Jean-Michel, un éléphant en terre brute, un tableau du peintre Cyril Bartolini, une collection de poupées en bois avec des têtes en porcelaine, un reliquaire... sont quelques-uns des objets qui distraient de la fascination d'un de feu bois dans la cheminée. Chameau, éléphant, caméléon, gazelle... bestiaire africain, des noms d'animaux à la forte symbolique, baptisent les suites

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