Riyad 72, havre de paix chic et contemporain, où tradition et design font bon ménage, est un exemple de réussite en matière de restauration de riyad.
Situé Bab Doukkala, en plein cœur de la médina de Marrakech, le Riyad 72 est d'accès très facile. Ce riyad, qui n'a en commun avec les autres riyads que sa structure architecturale, est une réussite du genre en matière de rénovation contemporaine.
Dès que l'on pénètre dans le patio, on est immédiatement subjugué par la luxuriance du lieu et la taille impressionnante d'un bananier qui a à peine deux ans. Au pied de cet arbre, une fontaine de forme cubique campe tout de suite l'ambiance avec son jet d'eau de faible pression qui crée un effet miroir sur le dessus. On a l'impression d'être dans une oasis où l'Orient rejoint l'Asie dans le traitement du décor.
Cet effet de démesure est aussi accentué par l'impressionnante hauteur des murs du patio qui sont tachetés de fenêtres
tableaux aux grilles en fer forgé. Pour la petite histoire, ce riyad, qui fait partie des plus hauts riyads de la médina, aurait appartenu au fils d'un caïd qui l'a construit au début du xxe siècle. Ce riyad aurait été l'enjeu d'un pari entre ce dernier et le pacha. Le défi du fils du caïd était de construire plus haut que le pacha. II n'était pas évident, à l'époque, de se mesurer au pacha. Pourtant, le fils du caïd y serait parvenu.
Un autre pari, également réussi, a été de restaurer ce riyad dans un esprit contemporain. Le riyad 72 appartient à une Italienne, photographe de formation, qui l'a transformé en maison d'hôtes et lui a conféré une ambiance zen et un design respectant l'esprit de sa construction d'origine. C'est grâce au concours de l'architecte Karim El Achak, qu'elle a obtenu ce résultat.
Les volumes intéressants ont été préservés et valorisés par l'utilisation de matériaux traditionnels tel le tadelakt, que l'on retrouve sur tous les murs ou son équivalent, le dess, sur tous les sols. Ces matériaux se verront tantôt teintés de gris anthracite, de noir, de rouge tomate... Le tadelakt est, par excellence, un matériau qui évolue bien avec le temps, en ce sens qu'on peut, tour à tour, en fonction de sa couleur, des formes et de l'endroit où il est utilisé, opter pour un aspect rustique ou design-chic.
De la salle à manger, en passant par les chambres, jusqu'à la magnifique suite qui se trouve dans l'ancienne douira, on a marié avec subtilité modernité et tradition. Chaque objet est à sa place, le moindre petit détail a son importance, le tout dans un souci de perfection en matière d'équilibre architectural.
Les plafonds en cèdre sculpté, qui ont été conservés et restaurés, sont d'un raffinement exemplaire.
Depuis la terrasse, traitée d'une manière japonisante, avec son bassin à débordement et ses caillebotis, on a une vue imprenable sur la médina et la chaîne de l'Atlas ainsi que sur le palais du pacha Glaoui.
Ouvert depuis un an et demi seulement, le Riyad 32 rencontre déjà un vif succès auprès des amateurs de design et d'ambiances orientales raffinées.
L'harmonie du traditionnel et du design, ponctuée par des touches de mobilier contemporain, table en laque et chaise longue « Loop » d'Osgerby (Cappelini).
