L’histoire de Marrakech et l'Atlas

Les Almoravides donnèrent donc à Marrakech son rôle de place forte de l'islam, notamment en construisant des remparts dont l'essentiel subsiste encore de nos jours.
Quelques unes des portes sont encore debout, notamment Bab Doukkala, Bab Allen, Bab Debbagh, Bab El Khemis, Bab Taghzout, etc.
Lorsque les Almoravides disparurent devant la poussée des Almohades, Marrakech était devenue une grande ville, foyer d'érudition, capitale politique et intellectuelle où s'étaient rencontrés les plus grands savants du temps et où s'élevaient de magnifiques monuments entourés de splendides jardins. L'activité commerciale et artisanale y était importante et l'opulence des habitants de la cité était telle que la monnaie locale, le maravédis, primait sur le marché européen.

Les Almohades à Marrakech

Le 25 mars 1147, Marrakech tomba aux mains des Almohades, venus du désert, tout comme les Almoravides auxquels ils succédaient; le chef vainqueur s'appelait Abdelmoumen. Il fit rapidement la conquête du royaume de Bougie, de Tunisie, de Tripolitaine. En 1157 il avait repris Alger aux chrétiens et fait reconnaître son autorité à Séville, Cordoue, et Grenade. Ainsi à l'aube de la dynastie almohade, Marrakech rayonnait d'un éclat incomparable sur de vastes régions. Abdelmoumen fut un grand bâtisseur; on lui doit le chef d'œuvre de l'architecture de toute l'Afrique du nord: le minaret de la Koutoubia (Mosquée des Librairies), qui s'élève à 77 mètres, avec une largeur de base de 12 m 80. Cette construction fut probablement achevée par Yacoub El Mansour. C'est à Abdelmoumen que l'on doit également les grands jardins qui ont fait de Marrakech ce qu'elle est encore de nos jours.
Il est probable que le bassin de la Ménara soit son œuvre.
Aux temps des Almohades, tous les grands savants de l'époque reprirent le chemin de Marrakech, laquelle brilla encore d'un très vif éclat. Les aléas de la politique éprouvèrent souvent Marrakech qui subit alors une éclipse: le nombre des habitants diminua, des monuments tombèrent en ruine; l'afflux des Andalous expulsés d'Espagne redonna un peu de vigueur à la cité, mais la décadence s'accéléra cependant et la chute de la dynastie almohade fut un désastre pour Marrakech. Les Mérinides régnaient en maîtres sur le Maroc nord. Ils livrèrent assaut à la ville et la prirent en 1269.
Possédant déjà une cité impériale, Fès, à laquelle ils étaient très attachés, ils abandonnèrent Marrakech. De la souveraineté mérinide sur Marrakech, subsistent entre deux minarets. Celui de la mosquée El Ksour est beaucoup moins élégant que celui de la Koutoubia, mais on y retrouve le même principe de fenêtres séparées par des colonnettes et surmontées d'arcatures entrecroisées.

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Les Saadiens à Marrakech

En 1529, Les Saadiens, Chort du Souss, prêchant la guerre sainte contre les Portugais installés à Agadir, et s'élevant en même temps contre le relâchement des mœurs de la religion, s'emparent du Sud marocain. Ce n'est qu'en 1551 après avoir enfin pacifié le Maroc, que Mohammed El Mahdi put s'installer à Marrakech, en faire sa capitale et s'efforcer de lui faire retrouver la renommée dont elle jouissait aux siècles passés. Les Saadiens se préoccupèrent surtout de restaurer les monuments. L'un d'eux, Ahmed El Mansour, construisit un vaste et luxueux palais «El Bedi» dont tous les écrivains et voyageurs du XVème siècle, on dit merveille. Les marbres de Carrare s'associaient aux dentelles de plâtre ajouré, aux panneaux de cèdre sculpté et aux mosaïques. Aujourd'hui les ruines grandioses de ce palais, servent de cadre au Festival National du Folklore.
Tous les princes jusqu'alors ne s'étaient souciés que de la ville impériale, les Saadiens, songèrent à embellir la cité commerçante.
Des sanctuaires de réminiscence almohade, s'élevèrent. La Mosquée du Mouassin, dans le quartier des souks, supplanta la Koutoubia abandonnée des croyants ; la mosquée de Bab Doukkala devint le lieu de dévotion des riches notables groupés dans ce quartier. Puis ils songèrent que Fès s'ornait de nombreuses médersas. Celle qu'ils élevèrent, la médersa Ben Youssef, ne possède pas le décor luxueux des constructions mérinides de Fès, cependant, ses belles proportions et sa simplicité en font un bel édifice.
C'est encore aux sultans saadiens que l'on doit en grande partie les fontaines élégantes, où sur un fond de mosaique, se trouvent réunis comme d'éternels époux, le plâtre ajouré et le cèdre sculpté.
Ba Ahmed, vizir du Sultan Moulay Abd El Aziz, entreprit à la fin du siècle dernier la construction de la Bahia.
Marrakech n'est pas une cité surgie du fond des âges et dont la naissance s'entoure d'un halo de légendes d'origines diverses et toutes plus merveilleuses les unes que les autres. La célèbre «ville rouge» a été construite en l'an 462 de l'hégire (calendrier musulman), soit en 1.070 de l'ère chrétienne par les bâtisseurs de la puissance almoravide, Abou Bakr Ben Omar et Youssef Ben Tachfine; la ville est donc bien l'une des créations les plus authentiques des constructeurs musulmans, sans aucun apport ni juxtaposition avec des civilisations ou des croyances plus anciennes.
Tout le temps que dura la colonisation, Marrakech demeura la grande ville qu'elle avait été, n'oubliant pas les siècles de gloire attachés à son histoire, en même temps, elle commença à s'ouvrir au tourisme et chaque année, des visiteurs de plus en plus nombreux, venus de tous les horizons affluèrent afin d'admirer ses merveilles.
L'indépendance recouvrée, Marrakech fit un accueil délirant à feu SM. Mohammed V lors de la première visite officielle que le souverain effectua dans la ville peu après son retour d'exil. Toute la population acclama frénétiquement l'artisan de l'indépendance nationale; de magnifiques réjouissances eurent lieu dans toute la ville, auxquelles participèrent toutes les couches de la population et les confessions locales : musulmans et israélites.
Pendant la période de la résistance, d'importants événements s'étaient déroulés, Marrakech, témoignant fans et de leur attachement aux valeurs s'actées de la partie.
 Tout au long de son histoire, Marrakech a servi la cause du progrès humain et a su marquer les étapes de son évolution du sceau de la grandeur; son nom, sa renommée, la réputation de ses savants, de ses artistes, de ses souverains, dépassèrent souvent les frontières du Royaume et portèrent bien loin de par le monde l'image de cette prestigieuse cité dont chacun est amoureux dès qu'il l'a vue; c'est  pourquoi un proverbe local assure que Marrakech est la partie des cœurs.

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