Rencontre avec le singe Magot

La rencontre avec le singe Magot est une des joies du parcours clans la cédraie. Peu inquiétés par les voitures, assez confiants, s'ils ne sont pas sur les arbres, ils occupent la route et se retirent avec peu d'empressement. Si on s'attarde hors du véhicule, l'un deux peut estimer plus drôle de monter sur le capot. Sans trop de manifestation, il laisse le visiteur se promener sur son territoire, se laisse photographier, fait la pose quand le cœur lui en dit. Même les chiens de l'Atlas au beau pelage errent l'âme en peine entre les singes. Ne craignant pas le froid, changeant son pelage au printemps, il peut vivre dans la neige. Omnivore, se nourrissant principalement de végétaux poussant sur le sol, atteignant en moyenne 75 cm de hauteur et évoluant en groupes de 10 à 40 membres défendus par les mâles, ils se reproduisent toute l'année. Les femelles mettent au monde un seul petit au terme de sept mois de gestation. L'appauvrissement du sol contraint ce singe à écorcer les cèdres. Si l'espèce n'est plus menacée par la panthère, disparue aujourd'hui, elle l'est par l'homme qui le chasse pour le maintenir en captivité. On ne compte plus que 15000 individus vivant à l'état sauvage. L'animal est exporté illégalement dans d'autres pays où ils sert d'animal de compagnie ou plus tristement dans des combats de singes. « Le petit singe viendrait bientôt détrôner le pitbull dans certaines banlieues européennes car sa réputation d'agressivité le placerait dans la catégorie des animaux de combat. Injustice, car le macaque est inoffensif dans son milieu d'origine », Abdelkarim Chankou, « le Singe Magot, espèce menacée de l'Atlas », Médina numéro 12.La protection du singe Magot par la Convention de Washington n'aide pas beaucoup, d'autant plus que les peines encourues pour son trafic ne sont pas dissuasives. En 1997, une circulaire de l'Office National Marocain du Tourisme a interdit tout trafic d'animaux sauvages.