Ifrane sert de base pour de multiples excursions, randonnées, balades à pied, à cheval ou en voiture, de préférence en 4x4, les routes les plus belles étant souvent les plus mauvaises, les plus érodées par le climat. La stratégie du développement du tourisme rural doit inclure au plus vite la restauration du réseau routier. Celle menant d'Ifrane à Fès pour accéder au lac Dayet Âoua est bonne. Le (,haler du Lac offre couvert et hébergement. Il y a quelques décennie, c'était un des lieux de vacances les plus agréables de la région. On y venait pêcher, faire du pédalo et des promenades. La sécheresse qui s'est abattue sur le Maroc pendant de longues années a asséché le lac. Les années de pluie qui ont suivi l'ont à nouveau rempli, mais le lac n'a jamais retrou-vé sa capacité d'antan. Le Chalet du Lac en a souffert. Une autre route mène d'Ifrane à Michlifen la station de sk, puis jusqu'à Timahadite à travers une forêt de vieux cèdres, de sapins et de chênes verts. Pour voir le célèbre cèdre Gouraud, à ce jour entièrement mort, il faut prendre la route en direction d'Azrou et tourner à gauche, à 4 km avant d'arriver dans la petite ville.
Les cèdres du Maroc se trouvent concentrés dans deux zones, la plus grande se trouve au Moyen et Haut Atlas (environ 116000 hectares), l'autre dans le Rif (environ 15 000 hectares). « Le cèdre de l'Atlas est une espèce montagnarde qui s'étend de l'étage méditerranéen subhumide et humide (Moyen Atlas et Rif) à l'étage oroméditerranéen extrêmement froid (Haut Atlas). On le rencontre dans son optimum bioclimatique entre 1600 m et 2000 m d'altitude », Eric Millet, « Guide des Merveilles de la Nature du Maroc ». Son bois noble et odorant est très recherché en menuiserie, en ébénisterie et en artisanat. Il est regrettable toutefois de voir certains objets fabriqués en bois de cèdre, comme des singes ou autres animaux exécutés de manière grossière. Il fournit aussi un bois de chauffe. Les cédraies du Moyen-Atlas se présentent souvent sous l'aspect de futaies plus ou moins infiltrées de chênes verts. Malgré la beauté de certains de ses spécimens, la cédraie du , Moyen Atlas n'en est pas moins en péril. Le parcours saisonnier des bergers et de leurs troupeaux, qui broutent et saccagent les jeunes pousses, l'ébranchage et l'écimage rendant l'arbre vulnérable à l'agression des champignons et insectes, et certaines pratiques sylvicoles comme la coupe rase des chênaies entraînant un lessivage des sols appauvrissent la terre en eau et en biodiversité. Le cèdre Gouraud, entièrement desséché, s'élève comme un symbole de la menace qui pèse sur la forêt. Rappelons que le cèdre Gouraud fut un des plus grands cèdres de la région avec ses 10 mètres de circonférence et ses 40 mètres de hauteur, repérable aussi au gigantesque bras qui double son tronc.
« Les engins de terrassement ont eu raison de ses racines et le couvert végétal par une grave compactée a eu pour conséquence de l'asphyxier purement et simplement », Eric Millet.
Aujourd'hui, il se dresse pitoyablement au centre d'un espace qui sert à la fois de parking et où de petites échoppes vendent les minéraux de la région et autres objets.
C'est aussi l'endroit où les touristes viennent observer une population de singes guère farouches, les singes Magot.