Découvrir Kenitra

C'est une parole libre, sans recherche d'effet, sans discours théorique qui viendrait appuyer l’œuvre. Les peintures et sculptures de Mohamed Bennani naissent de sa relation aux paysages, aux objets et aux êtres qui l'entourent. Artiste qui refuse de prendre la posture. Après avoir vécu dans plusieurs pays du monde, c'est à Kenitra qu'il décide de mettre fin à son nomadisme. Bennani nous conduit dans ses endroits préférés à travers une déambulation nonchalante.

« À Kenitra, il y a trois sortes de marchés aux puces. II y a celui, éphémère, qui se tient chaque dimanche de neuf heures à quatorze heures dans une forêt, en plein air, sous les arbres. Je m'y promène chaque dimanche. (;e serait dommage que ça disparaisse. C'est si agréable de flâner, de prendre un thé, de manger quelques sardines. Moi je ne cherche rien, je trouve. J'utilise beaucoup la récupération dans mon travail, dans mes sculptures comme dans mes peintures. Je suis un fouineur, un collectionneur d'objets. Je m'intéresse aux machines, aux objets, aux antiquités. On y trouve de tout. II m'est arrivé une fois de trouver deux dessins de Diaguilev, un artiste russe qui vivait à Paris et n'était jamais venu au Maroc. Un de ces dessins datait de 1921. I1 faisait beaucoup de costumes de théâtres. Il dessinait peu et ses dessins sont très recherchés. J'ai fait expertisé les deux dessins à Paris par le bureau d'expertise « Picard Tajan » et ces dessins que j'avais achetés à 250 dirhams, je les ai revendus aux enchères, à la Salle Drouot, à 180000 francs! Pour les Marocains, la Joutiya, c'est une tradition, c'est leur promenade habituelle. J'y venais déjà quand je vivais entre Rabat et Paris. Il y a d'autres formes de Joutiya, celle qui a lieu toute la semaine en pleine ville, la « Joutiya ben Abdad ». C'est un peu les mêmes marchands qui se déplacent. La troisième est dispersée. Les brocanteurs sont à différents endroits de la ville. La Joutiya est une des caractéristiques de la ville. Quand les Américains avaient leur base, ils la fréquentaient aussi. Kenitra est une ville où il y avait beaucoup d'étrangers, des Américains mais aussi des Espagnols, des Portugais et biens sûr les Français. Son histoire n'est pas très connue de la majorité des Marocains.

Le fleuve

« La présence de ce fleuve donne des images étonnantes. On peut être assis ou se promener le long du fleuve et voir un bateau avec le nom d'Istanbul sur sa coque ou d'une autre ville passer. D'un peu plus loin, assis dans un café, on a l'impression qu'il est sur la route. C'est une sorte de merveille.

Les influences étrangères à Kenitra

Entre les français à partir de 1912 et les amércains dans les années 70, c'est une drôle d'influence qui a fait évoluer Kenitra. Comme ville portuaire, les français ont beaucoup compté sur Kenitra pour le commerce des biens car le port est idéalement placé entre Rabat et Tanger. A partir du début des années 70, il est établit une base navale américaine qui fût abandonée en 1991.
La ville repose aujourd'hui sur l'agriculture et l'extraction de minérais, ainsi que de la production textile et de la pêche.
C'est donc une ville vivante qui vous attend, mais moins pittoresque que bien d'autres endroits au Maroc si vous recherchez un peu d'évasion et d'éxotisme.

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