Retour par Boulmane, bien qu'il soit possible de rejoindre les gorges du Todra directement par les gorges du Dadès, mais là encore, un guide s'impose car le chemin est impraticable en période de pluie en raison des crues. Juste avant d'arriver aux gorges du Todra, Tineghir. Célèbre surtout pour sa vaste oasis dans laquelle sont disséminés ksour et casbahs. La palmeraie quant à elle s'étend jusqu'à l'Atlas, elle est sans aucun doute la plus luxuriante du Royaume. De la somptueuse Casbah du Glaoui il ne reste que quelques pans de mur mais ce dernier avait l'art de choisir le site de ses demeures puisque la vue qu'elle domine est magnifique. Le désert est tout proche, accessible à l'horizon.
A 15 km, se dessinent au bout d'une vallée parsemée de palmeraies et de petits villages, les gorges du Todra, sans conteste les plus belles du sud marocain. De cette faille massive coule de l'eau toute l'année grâce à deux sources intarissables, dont l'une, dit-on, guérit les femmes stériles. Le décor a inspiré de nombreux cinéastes et a donné lieu à quelques scènes célèbres comme celles de « Lawrence d'Arabie », « La Poudre d'escampette » et « Cent mille dollars au soleil ».
Une demi journée est nécessaire à la visite. Préférez le matin où les lumières oscillent entre le rose et l'ocre. L'après-midi, les gorges sont beaucoup plus sombres.
La faille délimite la frontière entre le Haut Atlas et le Djebel Sarho, à certains moments, elle est d'une hauteur impressionnante ne laissant apparaître qu'un petit bout de ciel.
Tout comme pour la Vallée du Dadès, ceux munis d'un 4X4 seront avantagés pour s'aventurer dans l'Atlas jusqu'à Aït Hani au nord et atteindre ensuite Imilchil, où tous les ans, en septembre, se déroule la fête des fiançailles. Les jeunes gens de la région s'y pressent dans l'espoir de rencontrer l'âme sœur.

Dernière étape après les gorges du Todra : Merzouga. Un passage obligé pour tous les amoureux de grands espaces. Ce petit village se situe à une cinquantaine de kilomètres d'Erfoud, soit une heure par la piste en suivant les poteaux télégraphiques. Mais c'est avant tout l'Erg Chebbi qui est incontournable. Des dunes gigantesques, hautes parfois de 150 mètres, s'étendent sur des kilomètres. Apparaissent de temps en temps, émergeant du creux d'une dune, une caravane de dromadaires ou, un peu plus loin, des silhouettes au costume gonflé par le vent.
Venir au lever du soleil est une évidence mais y passer la journée jusqu'au coucher du soleil permet d'apprécier pleinement la féerie du lieu. Les dunes, d'heure en heure, changent de couleur. Elles passent tout doucement du rose à l'ocre puis du rouge à l'oranger pour ensuite s'éteindre définitivement. L'erg est aussi un endroit tout à fait approprié pour observer les oiseaux : moineaux, fauvette du désert, pie ou guêpier à joue bleue. Contrée sans aucun doute la plus attachante du Maroc, ce circuit n'est que le début d'autres merveilles que réserve le sud du Haut Atlas. Nul ne saurait en décrire tous les circuits, toutes les casbahs, tous les ksour qui jalonnent les vallées et les versants, ni les dégradés de couleurs à faire pâlir les plus grands peintres. Mais si il y a une seule chose qui doit être soulignée sur cette région hors du temps, c'est l'hospitalité de ceux qui la font vivre et qui vous fera certainement revenir.