La Vallée du Dadés

Cette oasis de verdure qui serpente entre les montagnes du Haut Atlas et les chaînes du djebel Sarho est l'une des plus grandes de la région. Aux alentours de Skoura, village habité par des berbères depuis le Me siècle et fondé par Yacoub el Mansour, elle abrite d'autres casbahs tout à fait remarquables : Dar Aït Sidi el Mati, Dar Aït Haddou ou encore Dar Ait Aïchil.

A une cinquantaine de kilomètres de Skoura, apparaît le village de El Kelaâ M'Gouna, au bord de l'oued Asif M'Goun. Il est avant tout réputé pour sa fabrication d'eau de rose, qui localement sert aux ablutions avant les repas mais qui est surtout exportée en très grande partie pour la création des parfums. Cette oasis n'a pas de palmiers en raison de sa haute altitude. Seuls poussent arbres fruitiers et rosiers. Début mai, le village célèbre le « moussera de la rose », fête qui marque la nouvelle récolte. Cette dernière, les années fastes, peut atteindre les 4 000 tonnes. Haut en couleurs et en chants, l'événement n'est à manquer sous aucun prétexte. Autre attraction : la visite de la distillerie qui fonctionne entre avril et mai.

Pour ceux munis d'un véhicule tout terrain, la Vallée des roses est incontournable, tout particulièrement au printemps, quand les rosiers de Perse se couvrent de fleurs. Elle se situe à environ quarante kilomètres au nord de El Kelaâ M'Gouna. Pour l'excursion, il semble plus prudent de se faire accompagner par un autochtone, non parce que le parcours est dangereux mais parce que la piste ne bénéficie d'aucun balisage et que les chemins se croisent très fréquemment.

Autre destination pour ceux toujours équipés d'un 4X4 : la Vallée des oiseaux. Le départ se fait à partir de Boulmane du Dadès. Prendre la piste au sud de la ville qui rejoint le village de Tagdilt. L'itinéraire qui mène vers le Tizi'n'tazaret (chemin du figuier) n'est pas toujours évident à respecter, le tracé n'étant pas net. Mais les paysages sont splendides et valent bien un ou deux égarements. La meilleure période pour observer les volatiles se situe entre décembre et mars. Munis de jumelles, vous pourrez observer des lagopèdes des sables, des alouettes, des buses, des hiboux-aigles ou encore des traquets.
Avant d'arriver à Boulmane, une route sur la gauche entre dans la montagne pour mener directement aux gorges du Dadès. La visite est incontournable. Tout le long du chemin qui mène aux gorges, la coloration des roches présente des dégradés allant du rouge au mauve. Les jardins au fond de la vallée sont parcellisés. Au bas des pentes arides, ces petits carrés viennent compléter la palette des couleurs. Amandiers, oliviers, noyers, figuiers et peupliers renforcent la gamme.
Avant de se rétrécir en gorges étroites à AU Oudinar, les ksour, villages fortifiés berbères, se succèdent. Montés sur des pitons rocheux, comme l'ancienne casbah du Glaoui à Aït Mouted, ou au bord de l'oued, ils donnent un charme indicible à cette région, si tant est qu'elle en ait besoin.

Pour ceux qui bénéficient de plusieurs jours, l'idéal est de visiter la vallée à pied, en suivant le cours de l'oued. La première balade, celle de la gorge de Sidi Boubkar, d'une durée d'une heure trente environ, part de l'auberge « Miguime » au km 13. A réserver aux sportifs. Mais le circuit vaut bien quelques efforts. Les paysages restés sauvages sont splendides. Autre circuit, celui des canyons. Départ au km 25 à AU Ouffi, en face de la « Casbah de la Vallée ». Cette randonnée est beaucoup plus longue et nécessite près de six heures de marche. La présence d'un guide est quasi indispensable. Il vous mènera durant une heure et demi le long de l'oued avant d'arriver au village d'Imdiazen.

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