Ksar char Bagh : Un véritable riad au cœur de la palmeraie

Quand architecture arabo-mauresque et art décoratif du Moyen-Orient s'unissent dans le plus parfait équilibre en plein milieu de la nouvelle palmeraie, le résultat s'appelle Ksar Char-Bagh. Un palais contemporain d'une rare beauté, unique à Marrakech, où hédonisme et épicurisme trouvent toute leur signification.

Majestueux par sa taille et époustouflant par son élégance, Ksar Char Bagh sort tout droit des décors de « Lawrence d'Arabie ». Après deux kilomètres de piste dans la palmeraie, apparaît Ksar Char Bagh; ce n'est pas un mirage, mais bien un palais des Mille et Une Nuits, version vingt-et-unième siècle. Ici, n'entre pas qui veut. L'immense portail, flanqué d'une porte en bois clouté,
marque la propriété, théâtre de contrastes entre la rusticité de la palmeraie et la sophistication des lieux. Si vous montrez patte blanche, le gardien des lieux vous invite à pénétrer et vous guide vers l'entrée du ksar, une magnifique porte en maillechort sculpté réalisée par un dinandier marrakchi de renom, Moulay Youssef. Derrière cette porte, un immense vestibule aux volumes impressionnants mis en exergue par des matériaux bruts. Le ton est donné sur le style architectural etdécoratif.

Le dôme lumineux qui suplombe cet espace protège et éclaire la cursive, faisant office de bibliothèque. On y accède par un escalier quis'inscrit comme une oeuvre d'art au centre du mur latéral recouvert d'un enduit composé de chaux, de ciment blanc et de poudre de marbre.

Le sol en marbre de Lahksass voit couler en sa partie médiane un filet d'eau qui nous guide vers la cour des myrthes. Une cour inspirée des jardins de l'Alhambra, qui dégage une grande sérénité. L'arrivée dans la salle à manger, avec la piscine en toile de fond, vous plonge dans un sentiment de plénitude et d'extase à nul autre pareil. Sur les murs, pas de tableaux.

Ce décor zen, qui se veut dépouillé, permet aux éléments décoratifs de prendre toute leur dimension. Les objets de décoration, vases et plateaux en cuivre ciselé, ont été chinés pour la plupart chez des antiquaires iraniens et égyptiens. Les tables à manger de style hollandais, en bois teinté couleur ébène, se marient à merveille avec les chaises marquetées en os; le tout est posé sur un sol calepiné de dalles en pierre de Taza avec cabochons de marbre noir.

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Le raffinement et le bon goût sont aussi dans les assiettes puisque le Chef, Damien Durand, disciple de Pierre Hermé et Alain Ducasse, saura faire vibrer vos papilles avec des mets originaux d'une extrême délicatesse. Adepte du cigare, Patrick, le propriétaire, a créé un fumoir avec sa cave à cigares, relié à la salle de billard par un passage taillé en biseau dans le mur de refend. À cet endroit, l'ambiance coloniale, style british, est à l'honneur avec, sur les murs, du tadelakt couleur cerise et au sol de la pierre cirée de l'Ourika (vallée de l'Atlas) dont l'aspect fait penser à celui de l'ardoise. Parmi les meubles glanés ici et là, un Chestersfield en cuir jaune vieilli, du plus bel effet. Nous terminerons la visite par les douze suites où, là encore, rien n'est laissé au hasard. Sur le sol en dess, les meubles en bois et cuir, dessinés par Patrick et Nicole, ont été réalisés par des artisans locaux. Quant aux appliques en maillechort et laiton ciselé, aux consoles et commodes recouvertes de galuchat et de parchemin, elles sont l'oeuvre de Bernard Henriot, expert en luminaires d'orfèvrerie et édition de mobilier.

En vous promenant dans les jardins, vous constaterez que Patrick et Nicole sont aussi des passionnés de la nature. Vous apprendrez alors qu'ils militent avec ferveur pour la protection de la palmeraie et le respect du patrimoine marrakchi. Pour exemple, l'électrification du ksar a été entièrement réalisée sous terre, sur deux kilomètres, depuis la route nationale qui mène à Fès. Le Ksar Char Bagh est véritablement une référence architecturale et décorative que Patrick et Nicole Levillair sont fiers et heureux d'avoir réussi avec l'aide d'un ami architecte, Hakim Benjelloun. Patrick, qui a d'ailleurs été le premier à Marrakech à parler du concept de « palais d'hôtes », nous dira que « la culture arabe est raffinée, sophistiquée tant au niveau architectural, calligraphique que musical et qu'il faut savoir la préserver et la valoriser! ».

Le Ksar Char Bagh, du grand Art pour le Septième art!