Une maison organisée autour d'un patio, avec quatre carrés de jardin, une fontaine en son centre et souvent des éléments anciens tels que portes et fenêtres, plafonds sculptés et peints, deux m'bouhs (sortes d'alcôves). Il ne faut pas confondre avec le « dar », maison elle aussi, avec cour ou patio, mais beaucoup plus petite. « Aujourd'hui, tout le monde appelle riad ce qui n'en est pas! » souligne Faissal Cherradi, architecte, inspecteur des Monuments Historiques et des Sites à Marrakech et délégué du Ministère des Affaires Culturelles qui intervient au niveau de la conservation du patrimoine. Il rappelle que les riads font partie du patrimoine historique de la ville de Marrakech et, en tant que tel, ont oué un rôle important dans la déclaration de patrimoine mondial. « On parle de la
médina en tant que Patrimoine mondial depuis 1985. Il faut savoir que, dans la médina, tout a été déclaré patrimoine mondial... En cas de rédaction d'un plan de sauvegarde, on définira certains critères, par exemple l'interdiction de toucher aux façades. La structure
interne pourra être modifiée, mais les éléments c o m m e les portes anciennes, les fenêtres et les colonnes devront être préservés. On donne 250 autorisations de restauration et de reconstruction par an. En comptant tout ce qui est clandestin, cela fait bien 750. Au bout de quinze ans, combien reste-t-il de maisons authentiques? ».
Selon lui, l'implantation des maisons d'hôtes au cœur de la médina de Marrakech pose plusieurs problèmes spécifiques. Elles peuvent modifier l'aspect résidentiel du quartier et être source de nuisance pour les habitants. « Par exemple, la présence d'une maison d'hôtes attirera un restaurant à proximité, pourquoi pas un bazar ensuite? C'est donc tout le quartier, avec son tissu social, qui peut être déstabilisé. De plus, les riverains sont souvent issus de milieux sociaux défavorisés et l'intrusion d'éléments nouveaux, avec tout le respect que l'on porte aux étrangers, risque d'être source de conflits qu'il faudra bien résoudre, même lorsque le riad n'est qu'une résidence secondaire et ne fait pas office de maison d'hôtes. Un autre problème majeur reste la spéculation au niveau des prix ».
Faissal Cherradi a accès aux plans qui sont soumis à l'agence urbaine : « Ils sont corrects, mais quand on voit la réalité, beaucoup de gens font leur « paradis oriental » au milieu de la médina... Heureusement, certains propriétaires ont fait du bon travail en entreprenant des rénovations respectueuses. Que se passe-t-il avec les assainissements? On interdit les piscines, mais on sait que les bassins deviennent des piscines. Une piscine, un étage dans un riad, cassent la structure originale ».

Une commission composée d'experts a répertorié les riads et maisons d'hôtes. Omar Jazouli, le Président de la communauté Urbaine de Marrakech, est tout à fait favorable au développement des maisons d'hôtes. II a reçu les étrangers afin d'entendre leurs questions. Selon lui, tous doivent travailler ensemble, dans la même direction.
Nouveau plan d'aménagement de la médina, taxation et classement des maisons d'hôtes... « Par exemple, les égouts de la médina n'ont pas été conçus pour un tel afflux. Toutes ces salles de bains et ces piscines créent des problèmes sanitaires. Il est donc logique que les propriétaires paient des impôts. Les Européens qui ouvrent des maisons d'hôtes doivent participer au maintien et au développement des infrastructures. Ainsi, ils préserveront l'avenir des maisons d'hôtes. Tout cela est en cours et le consensus est général ». Faissal Cherradi acquiesce : « nous devons achever le relevé cadastral, le titrage et l'inventaire des maisons. Tous les intervenants de la médina doivent être présents, la Municipalité, la Radeema, l'agence urbaine, pour rédiger un plan de gestion. Il faut contrôler le « phénomène riad » qui en ce moment est anarchique. Créer une cellule au niveau de la médina, avec des moyens plus humains qu'économiques d'ailleurs. Réagir vite mais doucement ». Un projet d'arrêté du Ministère du Tourisme, signé à Rabat en juillet 1999, prévoit le classement des maisons d'hôtes en deux catégories.
Emplacement, confort, sécurité... Le texte, calqué sur les prestations hôtelières classiques, permettra de réguler le phénomène des maisons d'hôtes et d'assurer le meilleur acccueil aux vacanciers.
Votre séjour dans un riad a été mémorable, la vie au coeur de la médina vous a séduit? Alors pourquoi ne pas acheter? Le Maroc est si près de l'Europe, le temps si clément et les gens tellement chaleureux... De nombreux professionnels compétents proposent des maisons à partir de 200000 dirhams jusqu'à de véritables riads anciens pour 10 millions de dirhams et n'hésitent pas à parler aux acquéreurs des conditions de vie différentes dans la vieille ville. C'est le cas de Laurence Vernet qui a créé son agence immobilière Vernet Immo Services, il y a deux ans, pour apporter son savoir-faire... ou encore de M. Talbi qui connaît les arcanes de la médina.
Comme le Maroc n'est qu'à trois heures d'avion de Paris, l'engouement n'est pas près de se tarir... Alors, quelle ville choisirez-vous ? Fès la secrète, Marrakech l'internationale ou bien la marine Essaouira... ?