Nombreux sont les riads privés auxquels le visiteur n'aura jamais accès, mais certains offrent des chambres d'hôtes permettant de découvrir le charme de la vie dans un riad ! Le Gallia, le plus fameux et l'un des mieux situés, est situé à deux minutes de la célèbre place Jemaâ El Fna. Madame Galland, la propriétaire, en rappelle l'histoire : « Mes parents ont créé cet hôtel en 1929. À l'époque, les Européens s'installaient en médina. Le Guéliz, en dehors des murs de la vieille ville, n'existait pas encore ». Restauré avec soin, ce riad réserve avec ses dix-neuf chambres, ses deux charmants patios et ses salons marocains, un accueil chaleureux au visiteur. Et il est bien moins cher qu'une maison d'hôtes! Mme Galland, qui ne voit dans les maisons d'hôtes aucune concurrence, souligne le côté positif : « La rénovation. La ville fait des efforts pour la voirie, l'éclairage. Cela crée des emplois ».
Nombreux sont ceux qui louent directement quelques chambres de leurs riads. Certaines maisons d'hôtes, comme Villa I Maroc à Essaouira, sont devenus de véritables petits hôtels de charme et se sont agrandis sans perdre de leur caractère intime. Parfois, certains propriétaires ont été regroupés au sein d'agences, comme celle de Serge Meadow qui, en décembre 1999, a créé « Riads au Maroc » autour d'une équipe de jeunes Marocain(e)s dynamiques. « Nous rencontrons un franc succès : plus de cinquante demandes certains jours! Nous proposons dans tout le Maroc des chambres de toutes les catégories, dans une gamme de prix qui va de 200 à 2 000 FF (300 à 3 000 DH). Nous avons classé des maisons en catégories d'une à cinq « lanternes» et même cinq « lanternes» luxe pour les endroits exceptionnels. Et nous avons défini une charte de service au client ». II se réjouit du fait que certains riads soient tenus par des familles marocaines. « Il faudrait que beaucoup plus de Marocains le fassent à Marrakech, car c'est une autre ambiance... ». Adil Mferrek, son assistant, renchérit : « dès son arrivée, nous remettons au client un dossier comportant une liste de numéros utiles et d'urgence. Nous sommes joignables 24 heures sur 24... Nous sommes à l'écoute de nos clients et tenons à ce qu'ils soient satisfaits. À leur départ, ils nous remettent une fiche de suggestions ».
Tout comme Serge Meadow, les hôteliers et les propriétaires des maisons attendent avec impatience que la loi soit promulguée. Amine Belcaïd, directeur d'hébergement au riad Dar El Assafir confie : « cela permettra d'officialiser l'activité des maisons d'hôtes et d'avoir une classification comme celle des hôtels tenant compte du nombre de chambres, mais aussi d'éléments comme le charme et l'authenticité... La loi permettra d'obliger les acquéreurs à respecter l'architecture traditionnelle. C'est parfois déjà le cas, mais il faudrait que cela devienne systématique ». À Dar El Assafir, tout comme à Dar Moha, qui fut la demeure du couturier Pierre Balmain, la chaleur de l'accueil est prépondérante. Il suffit de lire les livres d'or! Ilham, directrice à Dar Moha, se félicite de cet attrait pour les maisons d'hôtes qui est profitable au tourisme, car le taux de retour est élevé : « les gens sont contents de ce style de vacances. Ils en parlent une fois de retour chez eux et reviennent accompagnés de leur famille ou de leurs amis ».

Claire Cognet, de Select Pro Events, propose en exclusivité maisons et riads haut de gamme. Elle rappelle le discours de Sa Majesté Mohammed VI : « Il faut passer de 2 à 10 millions de touristes en 10 ans. Et pour cela suivre les goûts de la clientèle. Le phénomène des maisons d'hôtes est mondial. Les gens apprécient l'accueil personnalisé dans les riads. Ils sont chouchoutés, dorlotés et n'ont plus envie de partir. C'est ce que les touristes apprécient par rapport à l'hôtel, plus anonyme ». Alban Pamart, de Marrakech Net Mark, qui propose à la location plus de cent riads et maisons, ajoute : « souvent, les hôtels sont complets. Il y en a encore beaucoup à construire et les maisons d'hôtes ont de l'avenir! ».