Sur la route vers Taourirt
Nous traversons un chapelet de plaines et de collines. Douceur des lignes et des couleurs. Parfois, des îlots de végétation caressent le regard. Des champs d'oliviers et d'eucalyptus. L'olivier représente 80 % des plantations fruitières. La végétation est discontinue. Mais même si on se laisse prendre par la beauté du paysage méditerranéen, on n'oublie pas que la terre est souvent aride. Nous arrivons à Taourirt, à proximité de l'Oued Za, originaire des Hauts Plateaux où une grande quantité d'eau se perd par infiltration ou évaporation. Nous nous éloignons de quelques km pour découvrir l'ancienne kasbah de la ville fondée par les Mérinides, à la fin du XIIIe, et restaurée par Moulay Ismaïl. Il n'en reste plus qu'une muraille, entourée d'une plantation d'arbres et de cultures maraîchères, des micro espaces agricoles, destinés essentiellement à l'autoconsommation et à la vente régionale: tomates, oignons, poivrons... Les champs de luzerne nous rappellent l'importance de l'élevage du petit bétail dans la région. Nous continuons vers les cascades, sur la route goudronnée, mais étroite, de Nador, la deuxième ville importante du Nord-Est. Quelques hameaux, des coupoles de marabouts, des oliviers et, parfois, quelques palmiers. Il est midi. Les rayons solaires dardent leur feu et leur lumière aveuglante. Nous nous approchons de l'eau. De jeunes adolescents s'y trempent les pieds. Il y a quelque chose d'insolite dans ce paysage où l'eau de l'oued glisse entre les joncs dans un grondement sourd, submergeant le pont, se répandant en cascade, un peu plus loin, pour continuer vers la Moulouya, le grand fleuve du versant méditerranéen. Nous revenons à Taourirt pour déjeuner. C'est une ville moyenne qui continue de s'étendre. De nombreuses tribus viennent s'y installer dans les quartiers périphériques, comme Hay el Handiya (des figues de barbarie) et Hay al Haifa (de l'alfa) que nous longeons pour quitter la ville.

