Patrick Morand, publicitaie de fonnation, est venu u Maroc en 1991. Il parttage alors son temps entre le Royaume et Nhanli, aux Etats-Unis, où le quartier Art Déco le séduit avant même de devenir « the place ». II songe un moment à s'établir en Amérique Centrale, mais n'oublie jamais les multiples avantages du Maroc, e si proche de l'Europe et où l'on parle français. Un pays multiculturel q-Lù a compris que le tourisme est une part intégrante de son avenir. La France accueffle bien chaque année soixante millions de touristes... Pourquoi le Maroc n'augmenterait-il pas, lui aussi, son potentiel fabuleux?»
Revenu au Maroc après trois ans d'éloignement, Patrick retrouve Marrakech e en proie à la folie des ryads. Le concept de maison d'hôtes, qui existe de toute façon dans le monde entier, est finalement arrivé au Maroc, alors pourquoi pas ici? Dans les années quatre-vingt-dix, il n'y en avait que deux ou trois, cela restait confidentiel ». Patrick a toujours été un précurseur et le charme des ryads lui est farruli .... le sien était l'un des plus beaux de la cité. II convient cependant que, si ce type de séjour attire toujours autant, être au cour de la ville n'est pas idéal pour une relaxation parfaite...»
Patrick décide donc de trouver autre chose: «II faut avoir l'esprit novateur! » Le montagnard de naissance qu'il est ne reste pas insensible aux charmes de l'Oukaïmeden: « Un jour, j'en suis sûr, cette station de ski si proche de Marrakech, démarrera, II faudra certainement la reconstruire, tout reprendre à zéro...
Je vois bien des chalets là-bas... ». II évoque également la vallée de l'Ourika, puis cherche aux alentours de Marrakech la ferme idéale, avec des arbres et de l'eau en abondance. C'est sur la route d'Amizmiz qu'il la trouve. Il remarque tout d'abord six ou sept fermes très vertes, ce qui est bon signe. Effectivement, il constate: «Ici, on se trouve en contrebas du barrage et j'ai de l'eau à vingt mètres. L'endroit est très agréable, il y a beaucoup de vignes, partout, et nous avons presque 350 oliviers!»
Patrick le constate: «En France, il est de bon ton, par exemple, de ne plus aller en vacances sur la Côte d'Azur mais plutôt dans l'arrière-pays, dans le Roussifion. Les gens ne cherchent plus la mer, mais plutôt des lieux de repos. Retrouver le stress de la ville sur la plage n'est plus pour eux! La campagne leur offre la paix, le calme, loin des soucis, de la pollution. Le tourisme à la ferme marche très bien en Europe. Ce n'est pas encore connu au Maroc, mais le potentiel est immense! Nous pouvons parier, qu'à l'avenir, cette forme de séjour est appelée à se developper... Déjà, les Marrakchis aspirent à se ressourcer le weekend, ce qui explique le succès de « La Bergerie », à une quarantaine de kilomètres de la ville. L'écotourisme représente le futur! ».
Roda Bouhafa, la jeune et souriante directrice de « La Ferme », nous rejoint. e Nous avons réhabifité l'ancien bâtiment qui se trouvait là, afin d'y installer des chambres. Nous avons utilisé au maximum la technique traditionnelle du pisé. Mon père était un grand agriculteur et, dans ma famille, nous avions de vastes fermes en pisé. C'est mon frère, qui est spécialiste de cette matière, et moi-même, qui avons proposé la construction. Il faut vraiment s'y connaître, savoir quelle terre choisir afin que le pisé soit homogène... ». Le résultat est bucolique à souhait.
En pisé, les murs des sept chambres, toutes différentes.
Passionné de décoration, Patrick a réinventé des meubles de style berbère. Et Rokia a ajouté sa touche personnelle: ici un tronc apparent, là des branchages... Plaids et tentures sont choisis avec soin, toujours ethniques, franges de raphia et tissages manuels. Les moindres détails sont pensés, tels ces bougeoirs en maillechort martelé chinés dans les souks. Les salles de bain sont fonctionnelles: «Ici, pas de tadlakt, trop vu dans tous les magazines! " ...

Assis à l'ombre des dales, sur un banc de bois, au bord de la piscine, quel bonheur de déguster la salade et les tomates du potager! L'enthousiasme de Rokia est communicatif. Nous aurons une presse pour faire l'huile d'olive! Déjà, le pain est fait maison. Demain, des amies viennent nous aider à confectionner de la confiture de raisins...
Voulez-vous en cueillir sur la treille? Nous avons prévu des stages de cuisine, de poterie. Nous proposerons aussi les produits de la ferme ». Patrick, qui compte développer le bio, renchérit: « Oui, nous ferons un peu d'élevage de perdrix, de cailles, de lapins...
À moins de 40 kilomètres de Marrakech, La Ferme est le point de départ idéal pour de mul tiples excursions et circuits. La ville impériale, bien sûr, et ses richesses, mais surtout les envi rons. Des vélos tout terrain sont à la disposition des hôtes: «Par la route, nous sommes à 4 kilo mètres du lac de Lalla Takerkoust, mais en cou pant à travers les collines, ce n'est qu'à un kilo mètre et demi! », précise Rokia, qui ajoute: « Après avoir vécu ici plusieurs mois, je découvre sans cesse de nouveaux endroits magnifiques! ». Pourquoi pas un trekking ou une balade d'un ou deux jours à Arnizmiz, dont le souk hebdomadai re vaut le déplacement? Avant de revenir à La Ferme, pour un repos bien mérité!
Patrick salt que la loi sur les terrains agricoles permet aux Marocains de conserver leurs terres, mais il espère que « cette loi sera modifiée un jour, afin que des étrangers puissent être autorisés à posséder jusqu'à dix hectares ». Patrick et Rokia ont voulu maintenir l'exploitation existante: « Nous aimerions servir d'exemple pour les exploitants qui dépendent tellement de la pluie Ainsi, ils vont réaliser tout ce que le tourisme à h ferme peut leur apporter ». Les autorités ont bier réagi face à leur proposition d'endroit pilote Grâce à La Ferme, des gens de la région ont trou ve des emplois et ont compris que le tourismE c'est l'avenir. Quant aux premiers invités qui on découvert « La Ferme », ils ne tarissent pas d'éloges...