VOYAGE MAROC

La société d'aménagement du Bouregreg ( SABR)

Initiative royale, le projet d'aménagement de la vallée du Bouregreg est l'élément moteur d'une vision globale du développement urbain de Rabat/Salé. Le projet Amwaj - plus de 2,5 milliards de dollars -, comprenant un port de plaisance dans l'estuaire, un complexe hôtelier, des zones d'activité commerciale, une technopole, une cité sportive ainsi qu'un palais des congrès et des plans d'eau, sera réalisé par la Société d'Aménagement du Bouregreg (SABR).

Annoncé au début de l'année, le gigantesque projet d'aménagement de la vallée du Bouregreg est en bonne voie. Les études de faisabilité ont duré deux ans. Les deux premières phases du projet d'aménagement et de mise en valeur des deux rives de l'oued Bouregreg, qui sépare les villes de Rabat et de Salé, porteront sur la Porte marine (Bab A1 Bahr) et la Grande place « A1 Saha A1 Kabira » qui s'étendent de l'embouchure du fleuve jusqu'au pont ONCF, selon M. Lemghari Essakel, Directeur général de la Société mixte d'Aménagement du Bouregreg (SABR) créée à cet effet.

« Ces deux phases, dont les travaux seront étalés sur cinq ans, constituent la partie la plus visible et la plus difficile de ce projet », a relevé M. Essakel, lors d'une conférence organisée en février dernier par l'Association Ribat A1 Fath, sous le thème « L'aménagement du Bouregreg: un avenir commun de Rabat et de Salé ».

Initiative royale par excellence, le projet « Amwaj » est sans conteste l'élément moteur d'une vision globale du développement urbanistique de Rabat/Salé. Amwaj tourne autour du thème de la dynamique de l'eau, d'où son nom signifiant vagues. En effet, l'histoire des villes jumelles de Rabat et Salé est liée à l'activité maritime des antiques Phéniciens et aux corsaires.

Ce méga chantier confié à un consortium maroco-émirati (la Caisse de Dépôt et de Gestion, la Société d'Aménagement du Bouregreg et Dubaï International Properties) est d'un coût estimé à plus de 2,5 milliards de dollars. Il comprend un port de plaisance dans l'estuaire, un complexe hôtelier, des zones d'activité commerciale, une technopole, une cité sportive, un palais des congrès, des plans d'eau et plusieurs autres infrastructures.

Les idées directrices de la première phase relative à « Bab A1 Bahr », qui s'étend de l'embouchure jusqu'au pont Moulay El Hassan, précise M. Essakel, consistent notamment à récupérer les terrains publics qui couvrent la plus grande partie de ce site (80 %), à aménager les rues, les places et les quais de la rive gauche (Rabat) et à débarrasser la rive droite (Salé) des constructions inadaptées.
Mais cette fois, les responsables n'ont pas omis l'animation, un point important souvent oublié dans le passé. Pour intensifier l'animation et introduire les équipements privés indispensables à la fonction de loisirs, M. Essakel a annoncé qu'un port atlantique et un port de plaisance pouvant accueillir quelque 350 bateaux, seront édifiés au bord de l'estuaire. Le port de plaisance, bordé d'une « Cité des arts et métiers » qui s'étendra sur 40 ha, sera un lieu privilégié pour abriter les activités artisanales et artistiques, a ajouté M. Essakel.
Le concept général de l'aménagement de la deuxième phase relative à « A1 Saha A1 Kabira », qui s'étend du pont Moulay El Hassan au pont ONCF, repose sur la création de deux axes transversaux à la vallée.

Le premier axe doit relier la Tour Hassan à la future île artificielle, par le biais d'une succession de places, d'espaces et d'équipements publics. Le second axe, dédié au commerce et aux activités tertiaires, s'étendra du pied du versant de Rabat jusqu'à l'autre rive, conférant à cette partie de la vallée une ambiance de parc animé par des activités culturelles et économiques.
Cette zone abritera également un musée national ainsi que des jardins suspendus, faisant la transition entre l'esplanade de la Tour Hassan et l'île artificielle.

Le projet, approuvé en mai dernier par la ville de Rabat (qui a cédé 90 ha pour la première phase qui portera sur 100 ha), comporte également quatre autres phases. Elles concernent « Qasbat Abi Raqraq », « Sahrij El Oued », « Al Manzah Al Kabir » et « Bouhayrat As-souhoul », souligne M. Essakel, en précisant qu'en prenant compte des composantes urbanistiques et paysagères du site, la vallée a été subdivisée en séquences homogènes.

L'idée du projet se fonde sur des principes inhérents à l'environnement du magnifique site qu'est la vallée du Bouregreg. Surtout son histoire, qui remonte loin dans le temps, et sa situation environnementale.

L'environnement de la vallée est en fait affecté par plusieurs nuisances: la pollution des eaux du fleuve, l'absence d'assainissement, l'air impur, des carrières et saignées sur les côteaux, un bâti dévalorisant couvrant de grandes étendues, le transport routier et ses impacts sur le site. À cela s'ajoutent de nombreuses décharges publiques, environ une quinzaine de points de rejet d'eaux usées et de lixiviats, qui sont autant d'agressions nécessitant des mesures d'ensemble, planifiées, pour assainir la vallée. Néanmoins, la dimension socio-économique de l'aménagement de la vallée du Bouregreg doit prendre en considération l'ensemble de l'agglomération. En effet, le projet est l'élément moteur d'une vision plus globale de la conurbation" de Rabat-Salé (voir l'interview avec le DG de l'AURS et encadrés).

Autre facteur qui plaide pour ce projet unique au Maghreb, la démographie galopante de cette vallée. Jusqu'en 2010, l'agglomération connaîtra un accroissement de 55 000 habitants, 20 000 emplois et 20 000 logements par an.
Ainsi, la vallée du Bouregreg se présente comme un espace écologique dont la sauvegarde est impérieuse. Elle doit intégrer ses deux rives, dans un même aménagement, constituant un pôle d'animation, répondant aux besoins des populations de Rabat-Salé, en matière de résidence, de détente, de loisirs et de culture. Son aménagement doit tendre à réaliser l'unicité « conurbaine »' de l'ensemble de l'agglomération de Rabat-Salé.

Le Bouregreg est loin d'être un site. Sa géographie physique, ses paysages, son histoire et son occupation humaine, qui remonte aux anciens comptoirs puniques, lui confèrent une personnalité forte, dont les éléments essentiels doivent être soulignés et mis en valeur et non effacés par l'aménagement proposé. Un point pour les défenseurs de la personnalité du site. Ces éléments structurants essentiels sont l'eau, omniprésente dans la vallée, même après la construction du barrage. L'importance du thème aquatique comme fondement de l'aménagement s'inscrit dans la plus ancienne tradition marocaine. Le couvert végétal est aussi une des composantes fondamentales de l'aménagement de l'espace. Inscrite au coeur d'une grande conurbation", cette abondance de verdure va être conservée et renforcée.

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