Un musicien dans la ville

Rigueur, ténacité et engagement sont les qualités essentielles pour l'homme à la double casquette, homme d'affaires et artiste musicien, Farid Bensaïd. C'est entre Rabat, où il exerce la musique et Casablanca, sa profession, que l'homme des défis et des projets novateurs, premier violon du Philharmonique dont il est un des instigateurs, que se tisse la trame de sa vie. Mais c'est à Rabat, ville de son enfance où s'est dessiné son avenir, que Farid Bensâid nous entraîne dans ces lieux personnels de mémoire.

Le lycée Descartes, c'est ma jeunesse et une ambiance particulière dans mon souvenir, celle d'un sérieux nécessaire dans le travail pour faire une terminale C. Mais surtout c'est la période où je me suis posé la question de ma destinée professionnelle. Je passais une grande partie de mon temps libre à travailler la musique. Longtemps je n'ai pas su quelle orientation j'allais prendre, artistique ou scientifique. Puis j'ai pris la difficile décision de mener les deux voies de front comme si je ne faisais qu'une chose à la fois, en me donnant entièrement et à fond pour la Prépa et l'Ecole d'Ingénieur et le Conservatoire de Paris. Le lycée Descartes, c'est aussi mes amis d'enfance que je continue à voir à ce jour. Et enfin, c'est aussi trois personnes qui m'ont marqué dans ma scolarité. Mes deux professeurs de musique, Suzanne Pommier et Louis Péraudin. Suzanne Pommier était violoniste. C'était mon premier professeur de musique. Si elle ne m'a pas appris à jouer le violon, elle ne m'en a pas moins fait découvrir cet instrument. J'aimais chez Péraudin son côté très artiste avec quelque chose de rêveur. Ce fut pour moi une sorte d'apothéose d'avoir joué 20 ans après dans le même pupitre que Suzanne au sein d'un orchestre dirigé par Louis Péraudin. C'était symboliquement fort. La troisième personne est mon professeur de mathématique, en Première et Terminale C. Il m'a donné ce qui était nécessaire pour passer en classe Prépa Maths Sup/Maths Spé.

J'ai fait ce qu'on appelle mon stage ouvrier pour la construction de l'ambassade de France. Ce fut mon premier chantier en tant qu'ingénieur de l'Ecole des Travaux Publics de Paris. Ça faisait suite à mon intégration à l'Ecole d'Ingénieurs après ma préparation au Lycée Lakanal. C'est là qu'a vraiment démarré ma vocation d'ingénieur et, indirectement, dans le monde des affaires. Car gérer un chantier est à l'image de la gestion d'une entreprise. C'est un monde à part entière. Après avoir travaillé pour une multinationale à l'étranger et au Maroc dans le domaine des Travaux Publics j'ai souhaité faire ce pas dans le mon de (les affaires. (;e qui m'intéressait, c'était des projets pionniers et leur développement dans un pays où il y avait tout à construire. Ça rn'a aussi permis par la suite (le passer du statut (le salarié à celui d'investisseur dans un tout autre domaine que celui des Travaux Publics, celui (les Assurances et du service en général.

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