Cette construction avec ses trois grandes tours au bout (le la belle avenue Mohammed V, qui domine à la fois la ville nouvelle et la Médina (le Rabat, me fait penser à tous les projets professionnels mis en place et réalisés au Maroc et qui sont un peu, comme on dit familièrement, mes « petits bébés ». Par exemple, S.O.S Médecins que j'ai lancé au Maroc en 1993, alors que des personnes mouraient chaque jour chez elles car il n'existait pas d'intervention à domicile. En cas d'urgence, ils ne parvenaient pas à avoir de médecins. Cc fut un véritable combat pour imposer ce service au Maroc dont le siège r'bati se trouvait à l'immeuble Essaâda. Même combat pour les centres d'appels pour lesquels je me suis battu au Maroc et à l'étranger pour imposer justement le Maroc comme destination (le délocalisation (le services. La société « Phone Assistance » que j'ai créée en 2000 avec Moulay Hafid Elalamy, actuel Président de la CGEM, est aujourd'hui un exemple de réussite avec plus de 2 500 salariés. J'ai travaillé aussi à Mondial Assistance que j'ai amené au statut d'institution en quinze ans autour d'une équipe de collaborateurs Fidèles et dynamiques. Après cela, il y a eu la bifurcation vers le courtage en assurances par la prise de contrôle du Groupe AFMA qui fait partie aujourd'hui des trois premiers courtiers de la place marocaine. AFMA œuvre pour donner du courtage une image nouvelle axée autour du professionnalisme, du Conseil et de la Prévention en assurance. Et enfin, et ce n'est pas le moindre des challenges, accompagner « Maroc Connect » en tant que distributeur pour le lancement du 3e opérateur téléphonique au Maroc. Mon envie de développeur m'a poussé également à aborder d'autres secteurs: l'enseignement, l'immobilier, la radio..
Le théâtre, c'est la remémoration du premier concert Philharmonique en février 1997. On va bientôt fêter le dixième anniversaire de l'orchestre. C'est quelque chose de très fort. Tout le monde pensait que le Philharmonique n'allait durer qu'un an. Je me suis battu pour qu'il en soit autrement. Je suis heureux aujourd'hui de dire qu'on a fait plus de 200 concerts, qu'on a eu plus de 160000 spectateurs entre Rabat, Casablanca, Marrakech, Essaouira (pendant le festival des Alizés). Le Philharmonique, c'est aussi une image du Maroc tourné vers la modernité et l'international. C'est aussi un bel outil économique pour faire rayonner le Maroc au-delà des frontières. Fonder un orchestre est une belle aventure humaine et artistique à laquelle ont participé Louis Péraudin et jeanCharles Blondi pour le lancement de l'orchestre. L'orchestre est composé de 80 musiciens qui n'ont pas cessé d'évoluer musicalement pendant ces dix ans. Il y a une chose que l'orchestre a favorisée, c'est le changement du statut du musicien. Aujourd'hui, on peut être fier d'être musicien et d'appartenir à l'orchestre du Philharmonique. L'écoute silencieuse et respectueuse du Philharmonique - on n'écoute pas un philharmonique pendant qu'on dîne - participe à la reconnaissance intrinsèque du musicien.
Au Théâtre Mohammed V ont eu lieu des événements musicaux importants. Il y a aussi des événements récurrents, des jalons dans l'année pour lesquels musiciens et mélomanes se retrouvent: le Concours International de Piano qui a fait émerger des stars internationales comme la pianiste Olga Kern qui a remporté l'année suivante le concours Von Cliburn aux USA et le pianiste polonais Rafal Blechacz qui a remporté le premier concours du monde, le Concours Chopin de Varsovie. On ne peut pas oublier qu'on a présenté dans ce théâtre qui peut recevoir un public de 1500 personnes, les opéras « La Traviata », « Rigoletto », « L'Enlèvement au Sérail » et cette année nous y présenterons « Carmen ». On se souvient aussi des grands musiciens solistes accompagnés par l'orchestre dans ce théâtre, les violonistes Laurent Korsia et Patrice Fontanarosa ou le pianiste Abderrahman El Bacha... et des chefs d'orchestre comme Laurent Petitgirard. Il y a aussi le Concert du Nouvel An festif à la manière de Vienne. L'une des clés de réussite du Philharmonique, c'est qu'il est géré comme une entreprise structurée. C'est une action similaire à celle que je mène en tant qu'entrepreneur dans le monde des affaires. Il y a aussi un point important, c'est qu'on a voulu que les musiciens soient rémunérés à leur juste valeur. À ce titre, j'ai pu faire jouer ma casquette professionnelle pour convaincre une quarantaine d'entreprises qui me font confiance en subventionnant le Philharmonique. Il est important (le dire qu'on a été soutenu par des institutions publiques et privées. Une belle synergie entre les deux secteurs pour le développement de l'art.

J'ai choisi ce lieu car il représente pour moi quelque chose d'essentiel dans une ville. Les conservatoires et les écoles sont le lieu de la transmission du savoir dans l'art. C'est quelque chose que j'ai toujours eu à coeur. Tout ce que j'ai eu de la musique, c'est par des professeurs, particulièrement deux, Jacques Célérier et Jeanine Vollant Panel, et grâce à deux institutions, le Conservatoire National de Rabat où je ne suis entré qu'à l'âge de onze ans, et le Conservatoire de Paris. Mais l'enseignement, ce n'est pas seulement un professeur. C'est un environnement. Car je défends une théorie très claire, ce que nous faisons ici dans la musique ou la danse, c'est une leçon de vie. L'enfant sur scène doit vaincre son stress, convaincre, se surpasser, plaire et prendre du plaisir. Ce que nous essayons de faire dans notre vie professionnelle et familiale. D'où aussi les concours, les auditions... l'ont les enfants, il faut qu'il en reste quelque chose. S'ils ne deviennent pas musiciens, ils seront au moins mélomanes. Mais ce qui serait bien, c'est de continuer à pratiquer cet art.