Visite guidée à Rabat

Hay Ryad, une nouvelle ville

Des quartiers se modifient, d'autres se créent, comme Hay Ryad, à l'entrée de la ville. S'étendant sur 500 hectares pour une population de 100000 habitants, Hay Ryad est bien plus qu'un quartier, c'est l'implantation d'une « ville nouvelle » dans la ville, une des premières expériences de ville nouvelle au Maroc. Des ministères, des fondations, des institutions, des sociétés privées y sont installés. L'axe central verra bientôt fleurir des commerces et des services de restauration. Un parc a été construit, mais il est encore fermé à ce jour. Ce jardin est-il déjà menacé de disparaître pour faire place à un immeuble? Hay Ryad deviendra-t-il un des centres vivants de la ville de Rabat? Pour le moment, Hay Ryad est un quartier où l'on vient travailler dans la zone des entreprises ou dormir dans la zone des immeubles et des villas. Parfois, au tournant d'une ruelle, ou esseulé sur une avenue, on a la surprise de voir un café, une vitrine de meubles ou une épicerie. Il est surprenant que n'aient pas été envisagés, dès sa conception, des parcs, des lieux de loisirs et de sports ou des espaces culturels. Une volonté semble à l'oeuvre, à Rabat, celle de vouloir créer de nouveaux centres et pôles d'animation.

La Route des Zaërs s'anime

Jérôme et Jean Tharaud décrivaient les cigognes de Rabat debout sur « les créneaux en pointe, le bec tourné vers la mer ou vers le bled désolé ». Aujourd'hui, les cigognes ont fait leur nid en haut des réverbères, le long de la large route des Zaërs où se déploient des quartiers résidentiels cossus, La Pinède, le Souissi, Les Ambassadeurs... La Route des Zaërs relie ces quartiers au centre-ville, à celui de l'Aviation, à l'Agdal, par la voie du Hilton, et à Youssoufia et Takadoum. L'autre extrémité de la route mène vers un centre de fitness, le Royal Golf de Rabat et le centre hippique. Au-delà d'un certain périmètre, sur la route des Zaërs, il vaut mieux avoir une voiture. Les petits taxis refusent de vous y conduire. Et la ligne de bus est surchargée. Ces quartiers de belles villas étaient passablement ennuyeux et la route des Zaërs ne servait alors que de voie d'accès. Elle s'anime progressivement. Des activités s'installent, écoles, galeries, commerces... Elles avaient commencé par le premier supermarché « Supersouissi », proche du quartier populaire de Takadoum et pas loin de l'Aviation. Ce fut longtemps un des lieux d'achat du R'bati qui habitait dans les environs. Depuis, d'autres supermarchés ont ouvert, des centres de commerce, Label Vie, bien animé, la galerie Prestige, qui fonctionne tant bien que mal, la galerie Galaxie, qui agonise sans vraiment mourir. Mais c'est surtout l'ouverture d'un Méga Mall qui fait de la Route des Zaërs un des pôles attractifs de la ville. Centre de commerces et de loisirs, le Méga Mall n'est pas seulement un lieu où l'on achète, mais un espace où l'on vient se promener. Comme dans la médina, c'est un des rares endroits où les milieux sociaux différents se croisent. On y vient de tous les quartiers, des plus riches aux plus populaires. On y vient faire du lèche-vitrine. Ce qui modifie la perception de la ville pour une nouvelle partie de la population. Les itinéraires changent, ainsi que les flux. Alors que l'afflux se faisait surtout dans le sens du centre-ville ou vers l'Agdal, il existe maintenant un flux vers la route des Zaërs. Pour la première fois, à Rabat, est offerte une grande diversité d'enseignes aux habitants. Le projet d'un complexe de cinéma multisalles est en cours. Les banques, les agences de voyages, les différents services s'installent peu à peu le long de l'avenue. Des restaurants, comme « Le Piccolo », « Le Souissi », sont devenus des points de rendez-vous ou de sortie. Ou encore à l'intérieur du Souissi, dans le cadre d'un beau jardin et à l'abri de l'agitation de la route des Zaërs, « La Villa Mandarine ». La Pâtisserie Souissi ne désemplit pas. S'y installent aussi des complexes sportifs. Et enfin, une école de musique et de danse a ouvert ses portes, il y a deux ans.

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L'Agdal, nouveau centre de Rabat

C'est essentiellement le secteur de l'Agdal qui a connu ces dernières années une véritable transformation. Quartier relié au centre par Bab Rouah, séparé des Orangers par l'avenue de la Victoire, des quartiers populaires de l'Akkari et de Yacoub par la voie ferrée, relié à l'Aviation par la voie rapide du Hilton, l'Agdal n'a pas véritablement de centre historique, mais il connaît une vitalité, certes essentiellement marchande, mais que peut lui jalouser le centre-ville de Rabat. Le quartier bénéficie de la proximité du Jardin d'Essai et de la forêt du Hilton, donc de deux espaces verts importants. Il dispose de nombreux clubs sportifs, le stade marocain, le club de tennis et la piscine des Cheminots et de la REDAL, la salle omnisports de la place Bourgogne. On y trouve l'important équipement de santé, l'hôpital Ibn Sina, la maternité, le CHU, l'Université, des écoles... De nouveaux ministères s'y sont installés. Ancienne zone villas passant à une zone d'immeubles, l'Agdal a réussi en partie sa transition. Dans les environs du lycée Descartes, des cafés et des enseignes ont vu le jour. Le café Paul est devenu un lieu de rendez-vous incontournable. D'un côté, l'avenue Ibn Sina, avec quelques cafés et restaurants, « Le Trianon », « L'empreinte du temps »... De l'autre, l'avenue Fal Ould Oumeïr, épine dorsale hérissée de boutiques, de cafés et autres enseignes. Fréquenté et apprécié par les lycéens, les étudiants et les populations de différentes catégories socioprofessionnelles, l'Agdal est considéré comme un nouveau centre urbain. Ce qui manque encore, comme dans la majorité des quartiers, c'est l'animation culturelle. Il y a quelques années, on a détruit sans état d'âme le beau cinéma de l'Agdal, on a rasé l'église et sa bibliothèque bien fournie pour construire un complexe de boutiques, « la Cité Kaïss », qui survit médiocrement avec quelques enseignes. Cette place, qui fut l'un des noyaux vivants de l'Agdal, avec, dans son prolongement, la Place Bourgogne, est aujourd'hui passablement à l'abandon. Rien ne paraît pouvoir l'égayer. Le marché couvert existe toujours. Bien achalandé, beaucoup viennent s'y approvisionner. Mais la place ne vit pas pour autant. C'est un des seuls endroits non attractifs du quartier. L'Agdal, avec son animation, son atmosphère mixte, peut-il supplanter le centre-ville?