Mohammed Fawzi Zniber, architecte et urbaniste

« Je voudrais évoquer les caractéristiques naturelles et les choix d'implantations de la ville de Rabat. Pour un visiteur, l'effet le plus marquant, c'est la voie qui longe la vallée avec, d'un côté, le Chellah et de l'autre, la Muraille qui longe une partie du quartier de la Résidence. C'est un privilège d'avoir une voie, à la fois aussi importante entre les quartiers et aussi belle, qui ouvre cette immense perspective sur la vallée du Bouregreg. On a un paysage qui change en fonction des saisons et des moments de la journée. Cette colline auto-protégée était un choix stratégique. Les Romains l'avaient choisie. Le Chellah est une image très forte de Rabat. Autre image forte, la Muraille Almohade qui est une protection par rapport au climat.

Rabat, ce sont ces coulées vertes dans la ville. Depuis l'Hôpital Avicenne jusqu'à la vallée du Bouregreg, on a une coulée verte qui commence par la forêt d'eucalyptus du Hilton (ou Parc Ibn Sina) puis qui se poursuit avec la prairie (les Chevaux de la Garde Royale) et se prolonge avec l'ouverture vers le Chellah et le paysage du Bouregreg. Ce sont des voies structurantes qui sont agrémentées d'espaces verts et de paysages changeants qui nous permettent de supporter les longs arrêts aux feux rouges aux heures de pointe! L'implantation sur l'estuaire avec deux villes historiques, Rabat et Salé, est exceptionnelle. D'un côté, on a une ville sur un relief accidenté, Rabat, de l'autre, un paysage sablonneux et moins élevé, Salé. Henri Prost avait réalisé un choix spatial des activités de loisirs et du savoir. Mais la ville a grandi, il faut construire de nouveaux espaces verts et de loisirs. Rabat bénéficie de ce qu'on appelle la ceinture verte. Plantés dans les années soixante-dix, ces arbres joueront un rôle très important pour la ville. C'était une idée visionnaire. Les lieux de Rabat sont des points structurels qui ont été réfléchis. Il y a la qualité du site et de grands hommes qui ont réfléchi très tôt sur cette ville. Bien sûr, il existe de grandes disparités. On travaille sur ça. Sur les crêtes de la vallée, à Youssoufia, on a les douars de Doum, Hajja, Maadid où vivent 100 000 à 120 000 habitants. Sur le littoral atlantique, on ne doit pas imaginer faire un aménagement façon Méditerranée. C'est une côte très rocheuse. Mais un aménagement plus vers l'intérieur pourra se faire ».

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